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Leur société
Repas étudiant à un euro : c’est du flan !
Pour ne pas paraître soutenir Lecornu trop ouvertement, le PS avait monnayé son appui au budget en échange de mesures pouvant apparaître comme des concessions.
Parmi celles-ci figuraient les repas à un euro pour tous les étudiants… sans qu’il n’ait, semble-t-il, été question de mettre sur la table les moyens nécessaires.
Aujourd’hui, les restaurants universitaires gérés par les Crous proposent déjà des repas à un euro mais, depuis 2021, uniquement aux boursiers ainsi qu’aux étudiants en mesure de monter un dossier démontrant une situation de précarité. Malgré cela, un tiers des étudiants déclarent sauter régulièrement un repas pour des raisons financières, une situation révoltante mais peu étonnante au vu de l’explosion des prix alimentaires (+ 23 % en quatre ans, d’après l’Insee).
Une loi généralisant ces repas à l’ensemble des étudiants avait déjà été votée, mais croupissait depuis janvier 2024 quelque part dans le dédale parlementaire. Le coût de cette extension avait alors été évalué à 90 millions d’euros par an. Or seulement 30 millions sont prévus dans le budget actuel pour la période de mai à décembre ! Le gouvernement table donc sur le fait que ce serait aux budgets des Crous, qui gèrent également les logements étudiants, de prendre en charge la promesse gouvernementale en prenant sur leurs autres missions.
Des travailleurs des Crous dénoncent aussi le fait que, déjà, les restaurants universitaires sont souvent saturés et que rien n’est prévu pour accueillir les étudiants supplémentaires attirés par la nouvelle annonce, ni pour préparer les repas supplémentaires. Contrairement à ce que Lecornu et consorts semblent imaginer, ils ne vont pourtant pas se faire tout seuls ! Les Crous distribuent 50 millions de repas par an, et les syndicats évaluaient déjà à 800 postes à temps plein le nombre d’emplois manquants à l’heure actuelle, sans parler des cuisines sous- dimensionnées ni du matériel souvent au bout du rouleau.
Des repas à un euro pour tous, mais pas de personnel ni de locaux supplémentaires pour les préparer et les distribuer : voilà ce que les macronistes appellent « la méthode Lecornu », et le Parti socialiste « une victoire politique ».