Retraites : toujours les mêmes mensonges10/06/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/06/P3-2_Pas_de_solution_retraites_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C14%2C944%2C545_crop_detail.jpg2026-06-10

Leur société

Retraites : toujours les mêmes mensonges

Selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) dévoilé le 8 juin, il faudrait envisager que l’âge de départ passe à 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070.

Illustration - toujours les mêmes mensonges

L’objectif serait d’atteindre l’équilibre financier du système des retraites en... 2070, soit dans plus de 40 ans, en utilisant « le levier de l’âge de départ à la retraite ».

En juin 2025, le COR projetait que le déficit atteindrait 1,4 % du PIB en 2070. Douze mois plus tard, le rapport devant être adopté le 11 juin, porte cette projection à 2,4 %. Le système de retraite perdrait en effet des cotisants du fait de... la baisse de la fécondité à l’horizon 2070. Et le COR d’expliquer avoir dû abaisser à 1,45 enfant par femme son hypothèse de fécondité pour les décennies à venir : moins de naissances dans une population vivant de plus en plus longtemps, tout cela pèserait donc sur le financement des régimes de retraite.

Depuis sa création, en 2000, par le gouvernement socialiste de Jospin, cet organisme est censé fournir un diagnostic objectif sur l’état financier du régime des retraites et sur les mesures à prendre pour le consolider. Pour ce faire, le COR bâtit plusieurs scénarios. Que se passera-t-il d’ici à 2070 ? Personne ne peut pourtant le savoir avec certitude. Le COR précise d’ailleurs qu’« il convient [...] de rester prudent dans l’analyse de ces perspectives de long terme, les évolutions de la natalité au-delà de 20 ans demeurant difficiles à anticiper de façon robuste ». Cela ne l’empêche pas de s’appuyer sur ces « évolutions difficiles à anticiper » pour distiller l’idée qu’il y aura forcément un problème et qu’on ne pourra pas échapper aux sacrifices.

Ce n’est pourtant pas parce que les salariés ne travaillent pas assez longtemps, ni parce qu’il n’y aurait pas assez d’actifs que les caisses se vident. Le vrai problème réside dans le fait que les richesses que ces « actifs », autrement dit ces travailleurs, produisent ne servent ni aux salaires, ni aux retraites. Elles sont accaparées par le patronat et les actionnaires des grandes entreprises dont les fortunes s’étalent de façon de plus en plus insolente. C’est dans les caisses, bien remplies, des capitalistes qu’il faut puiser pour payer l’intégralité des retraites des travailleurs.

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