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Leur société
Saint-Denis : un foyer en lutte
Sous prétexte de rénover le foyer de travailleurs migrants David Siquieros, situé dans la cité Allende à Saint-Denis, Adoma (anciennement Sonacotra) a prévu de détruire la tour de 13 étages qui compte 304 logements.

Ce projet, décidé sans aucune concertation avec les habitants, prévoit l’éviction de nombreux résidents. Réunis en assemblée générale le 27 janvier, les habitants du foyer ont décidé de bloquer le chantier. Des militants de la cité Allende voisine qui, au travers de leur collectif, avaient mené des batailles contre leur bailleur, sont venus les aider à s’organiser ainsi que d’autres militants du Collectif pour l’avenir des foyers (Copaf).
Les chambres de ce foyer sont plus petites que les cellules de prison : elles mesurent 7 m², ne sont pas isolées de leurs voisines et les locataires payent 350 euros par mois. Les conditions d’hygiène y sont déplorables en particulier dans les douches et les toilettes communes, et les ascenseurs ne fonctionnent pas.
Adoma n’a prévu de reloger que 110 résidents sur le site et 100 dans un autre foyer de Saint-Denis. Non seulement on est loin des 304 logements, mais ce bailleur dit social feint d’oublier qu’en plus, nombre de personnes sont hébergées sur place depuis des années par les résidents, et qu’il n’y a aucune raison qu’elles se retrouvent à la rue. Les nouveaux logements seront tout sauf un espace de liberté puisque les locataires n’auront qu’une clé non reproductible, ils devront aussi faire enregistrer leurs visiteurs et auront l’interdiction d’héberger quiconque. Tous les lieux de vie communautaire, les salles de réunion et les cuisines collectives seront supprimés et, c’est un comble, les loyers augmenteront jusqu’à 500 euros !
C’en était trop et les résidents ont décidé de bloquer le démarrage des travaux en attendant d’avoir des garanties de relogement pour tous. Adoma avait prévu de commencer le chantier le jeudi 29 janvier en demandant aux résidents de débarrasser le parking. Dès cinq heures du matin, ceux-ci étaient nombreux sur le pied de guerre. Ils ont mis en place un barrage humain et ont été rejoints plus tard par de nombreux soutiens. Deux assemblées générales se sont tenues : l’idée d’étendre le mouvement aux autres foyers et cités alentour fait son chemin et un comité de soutien a été créé.
Depuis, tous les matins, les résidents et les soutiens se retrouvent pour un petit-déjeuner, prêts à réagir en cas d’arrivée d’entreprises. La lutte ne fait que commencer.