Salaires : la transparence nécessaire10/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3019-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-06-10

Leur société

Salaires : la transparence nécessaire

Une directive européenne de 2023 sur la transparence des salaires, qui devait être transposée dans la loi avant le 9 juin 2026, a été repoussée… aux calendes grecques.

Il ne s’agit pas d’une loi contraignante qui forcerait le patronat à payer chaque salarié de façon à respecter un minimum d’égalité. Il s’agirait encore moins d’appliquer la formule « à travail égal, salaire égal », mais juste d’imposer aux entreprises de publier les écarts de salaires par niveau de qualification. Ce n’est pas non plus une mesure « radicale » qui aurait été imposée par des travailleurs en lutte, puisque c’est une directive que tous les États de l’Union européenne ont ratifiée ! Or, même cela, le grand patronat n’en veut pas. Il veut pouvoir payer les salaires les plus faibles possible à la majorité tout en donnant des miettes supplémentaires, plus ou moins grosses, à quelques-uns pour les amadouer. Diviser pour régner, voilà à quoi sert cette opacité.

La directive européenne prétendait lutter contre les différences de salaires hommes-femmes. Mais cela fait des dizaines d’années que régulièrement des lois sont votées dans ce domaine et que rien ne change. Aujourd’hui, en France, l’écart de salaire moyen entre hommes et femmes est de 22 %. Les femmes sont majoritaires dans les emplois les moins bien payés. Elles sont aussi majoritaires parmi les salariés contraints à des contrats de travail à temps partiel.

Pour avoir l’air de se rattraper, le gouvernement a annoncé une loi sur la transparence salariale pour le 1er juillet 2027. Elle ne serait cependant applicable qu’au 1er juillet 2028 au plus tôt pour les grandes entreprises, en 2029 voire 2031 pour les autres.

Dans une entreprise, la direction sait exactement ce que chacun gagne et combien. Les travailleurs, eux, ne connaissent que leur propre paye. Ils ne savent même pas comment les salaires sont répartis et quel est précisément le profit que fait le patron. Pourtant, cette transparence serait vitale. Elle permettrait de mesurer à quel point et comment la grande bourgeoisie s’enrichit et dresse les travailleurs les uns contre les autres. Il ne faut pas attendre cela d’une loi ou d’une directive. Ce sont les travailleurs eux-mêmes, en ouvrant les comptes patronaux, qui pourront instaurer la transparence.

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