SCAF : chronique d’une mort annoncée17/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3020-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-06-17

Dans les entreprises

SCAF : chronique d’une mort annoncée

Le 8 juin, après plusieurs mois de soins palliatifs destinés a annoncer l’abandon du projet de futur chasseur européen, le Scaf, l’enterrement a finalement été officialisé.

On pourrait sans doute se réjouir d’un tel recul, le budget était en effet estimé à quelque 100 milliards d’euros d’argent public, à répartir entre l’Allemagne, la France et l’Espagne, trois pays qui entendaient bien chacun faire profiter de l’aubaine leurs actionnaires nationaux… sauf que le montage a capoté sur le partage !

En effet, les destinées du Scaf étaient confiées majoritairement à Dassault d’une part, à Airbus de l’autre. Ces entreprises, l’une soutenue par l’État français, l’autre par l’État allemand, ont eu dès le début du mal à s’entendre sur qui dirigerait le projet, c’est-à- dire sur qui empocherait la plus grande part des 100 milliards.

Puis, les budgets militaires ont explosé dans tous les pays et les marchands d’armes croulant sous les commandes, le pactole grossit chaque jour. Il devient envisageable de financer deux systèmes de combat aériens différents, c’est-à-dire de remplir les caisses de deux groupes de capitalistes en prenant sur les budgets utiles de tous les pays d’Europe.

Les fortunes des actionnaires de Dassault et Airbus, qui sont d’ailleurs parfois les mêmes, seraient donc assurées sans que leurs ingénieurs et leurs directeurs financiers doivent se livrer à de pénibles tractations. C’est un des miracles de la hausse des budgets militaires.

Chaque camp annonce donc maintenant son propre avion de combat du futur. Le site économique Boursorama, citant un expert industriel, résume en quelques mots l’enjeu : « Garder le leadership sur le chasseur relevait d’une question de survie pour Dassault afin de protéger ses actionnaires. »

Bref, en France comme ailleurs, l’économie de guerre se porte à merveille, chaque État faisant les poches des travailleurs afin que les profiteurs de guerre s’enrichissent toujours davantage.

Il faut réquisitionner les profits de guerre !

Partager