SFR : Monopoly dans les télécoms17/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3020-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-06-17

Leur société

SFR : Monopoly dans les télécoms

Dans la nuit du samedi 6 juin, au terme de négociations qui ont duré plusieurs mois, Orange, Free et Bouygues Télécom ont annoncé la conclusion d’un accord de rachat de SFR.

Les trois géants des télécoms mettent sur la table 20,35 milliards d’euros pour reprendre l’essentiel du quatrième groupe du secteur en France. Si l’opération a mis autant de temps à être finalisée, c’est que l’intérêt économique est de taille, et il faut bien sûr par là entendre de nouvelles perspectives de profits. Ce ne sera pas aux dépens de Patrick Drahi, le vendeur. Celui-ci n’a jamais entamé sa fortune personnelle pour acquérir SFR, et en tire 3 milliards de plus que ce que les acheteurs avaient proposé il y a quelques mois ; l’énorme dette qu’il avait contractée ayant été épongée au prix de deux vagues de licenciements à SFR ces dernières années. Il vient même de s’offrir un musée aux États-Unis, pays où il détient encore un réseau de 4,5 millions d’abonnés dans le secteur des télécoms…

Quant aux trois acheteurs, ce n’est pas le fait d’avoir à augmenter le prix qui leur a posé problème ni retardé la conclusion d’un accord, mais la question du partage du capital de SFR. La Bourse s’enthousiasme, nullement inquiète de voir les acheteurs accepter un prix aussi faramineux.

Dans toute cette affaire, personne ne parle plus des bienfaits de la concurrence, qui ferait baisser les prix, et pour cause. On va en revenir à la situation d’avant l’apparition de Free, une situation dans laquelle les trois grands opérateurs de l’époque, Orange, Bouygues et SFR, se partageaient le marché et s’étaient entendus pour maintenir les prix des abonnements au plus haut, ce qui leur avait d’ailleurs valu d’être condamnés en 2005.

Cet accord n’augure rien de bon. Les abonnés verront sans doute leur facture s’alourdir ; les 2 000 salariés des boutiques SFR craignent la perte de leur emploi ; les syndicats estiment entre 8 000 et 12 000 le nombre des licenciements que les trois larrons pourraient décider afin de rentabiliser leur achat.

Souhaitons qu’à la fusion des actionnaires réponde l’union des travailleurs de l’ensemble du secteur des télécoms, sous-traitants compris, pour rassembler leurs forces.

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