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Dans le monde
SpaceX : les capitalistes s’envoient en l’air
En introduisant SpaceX à la Bourse de New York vendredi 12 juin, les actions de Musk ont bondi et sa fortune s’est envolée. Il est devenu le premier billionnaire de l’histoire – un terme qui désigne une personne dont la fortune dépasse les 1 000 milliards de dollars – ce qui ne fait que souligner la folie du système capitaliste.
Vendredi 12 juin, l’entreprise spatiale a vendu sur le Nasdaq, une des Bourses de New York, plus de 500 millions d’actions, engrangeant 75 milliards de dollars. Cela en fait la plus grande introduction en Bourse jamais réalisée, battant celle d’Aramco, le géant saoudien du pétrole, qui avait emmagasiné près de 30 milliards de dollars en 2019. Dans la journée, l’action SpaceX a bondi de 19%, passant de 135 dollars à 161 dollars, et la fortune de Musk, déjà homme le plus riche du monde, propriétaire de X, SpaceX et Tesla, est passée en quelques heures de 697 milliards de dollars à plus de 1 100 milliards en fin de journée et à 1 300 milliards le lundi suivant.
Musk dispose ainsi de 1 300 000 000 000 de dollars (un billion et 300 milliards !) quand des centaines de millions d’êtres humains survivent avec 2 dollars par jour, quand beaucoup en sont, même aux États-Unis, à compter le moindre euro ou dollar dépensé. Le plus révoltant est le pouvoir qu’une telle fortune confère. À lui seul, le magnat américain concentre entre ses mains l’équivalent de la richesse annuelle de la Pologne ou de la Suisse, de quoi influencer la politique de bien des gouvernements.
Musk prétend avec SpaceX explorer l’univers, peupler Mars et construire une armée d’humanoïdes. Mais, avant cela, il entend surtout rafler la mise sur le marché des lanceurs de satellites en concevant des lanceurs réutilisables. Les capitalistes qui ont acheté des actions SpaceX ce 12 juin ont les pieds bien sur terre. Ils savent que, derrière SpaceX, il y a la NASA et l’État américain qui, entre les contrats, la mise à disposition des infrastructures, les crédits d’impôts et l’optimisation fiscale, mettent cette société sous perfusion d’argent public.
Reste que cette introduction en Bourse ne fait que souligner le parasitisme de la classe capitaliste. Ceux qui défendent le système disent que la fortune de Musk n’est pas réelle, étant pour l’essentiel en actions. Sans doute, mais ces actions, il peut les revendre. Quant aux 75 milliards que les capitalistes ont investis ce 12 juin, ils ne viennent pas de nulle part mais de l’exploitation bien réelle de travailleurs partout dans le monde. Concentrés entre les mains des « investisseurs », ces milliards ne servent pas à sauver le climat, ni à en finir avec la faim ou la misère... mais à la spéculation et à des coups boursiers, quitte à alimenter davantage la bulle financière qui menace d’exploser.