Stellantis – Melfi (Italie)  : 200 travailleurs à la rue04/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3001-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Stellantis – Melfi (Italie)  : 200 travailleurs à la rue

Depuis presque trois mois, à Melfi, dans le sud de l’Italie, les travailleurs de deux entreprises sous–traitantes campent devant l’usine Stellantis (ex–Fiat) pour défendre leur emploi.

Ceux de l’entreprise PMC Automotive se sont installés là le 13 octobre 2025. Il y a quelques années, ils étaient encore salariés de la Fiat. D’abord déplacés dans un bâtiment séparé, ils sont devenus employés de cette filiale, continuant à assembler des éléments pour Fiat devenue Stellantis. Puis celle-ci a interrompu ses commandes à PMC, laissant 95 travailleurs sur le carreau, aujourd’hui licenciés. Début novembre 2025, le même processus a été engagé pour les 129 travailleurs de Tiberina, une autre entreprise sous-traitante elle aussi issue de l’externalisation d’une partie des activités de l’usine Stellantis. Là aussi, la fin des commandes de celle-ci ne laisse à ces salariés que la perspective du chômage.

Plus de 200 travailleurs sont donc aujourd’hui victimes du procédé. L’externalisation des activités a été de la part de Stellantis une façon de préparer des licenciements dont elle prétend n’être pas responsable. À juste titre, les travailleurs de PMC et de Tiberina répondent que puisque Stellantis a créé le problème, c’est à elle de le résoudre en les réintégrant.

De leur côté, les confédérations syndicales réclament du gouvernement qu’il intervienne par un « plan industriel », c’est-à-dire en substance par des aides à Stellantis pour lui permettre de maintenir l’emploi. Les responsables politiques locaux et nationaux se succèdent également pour faire des promesses et surtout se montrer, comme l’a fait Carlo Calenda, dirigeant du parti « Action » pour réclamer que John Elkann, représentant de la famille Agnelli, « prenne ses responsabilités », voire se lance dans la production de guerre... Diverses rencontres au ministère dit du « Made in Italy » du gouvernement de Giorgia Meloni ont aussi eu lieu, sans autre résultat que des réponses dilatoires.

Stellantis va-t-elle pouvoir continuer, par ce procédé, à mettre ses travailleurs dehors les uns après les autres ? Une chose est certaine : l’entreprise a accumulé des milliards de profit grâce au travail de ces ouvriers, il n’est pas question que ceux-ci soient réduits à la misère. Alors aujourd’hui elle doit payer en maintenant les emplois et en tout cas les moyens de vivre, c’est-à- dire des salaires pleins et entiers.

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