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Dans les entreprises
Stellantis – Mulhouse : investissement ne veut pas dire embauches
Le 26 mai, devant un parterre de journalistes, Macron avait annoncé, semble-t-il sans l’aval des dirigeants de Stellantis, un milliard d’investissement sur le site de Mulhouse.
La direction n’ayant pas voulu confirmer sur le coup l’annonce de Macron, beaucoup de salariés se sont demandé si c’était « du lard ou du cochon ». Les patrons prennent leurs décisions et ne préviennent les ouvriers qu’en dernier, pour les mettre devant le fait accompli. Filosa, le directeur général de Stellantis, est venu sur le site deux semaines plus tard, le 2 juin, pour faire ses annonces, secondé par deux ministres, des Finances et de l’Industrie. Il ne s’agissait plus, pour Mulhouse, d’un milliard d’euros, mais de 400 millions d’euros. Ces supposés investissements devraient permettre le lancement de trois véhicules électriques d’ici à 2028-2029. Avec combien de salariés pour fabriquer ces voitures ? La direction refuse de répondre, mais elle parle d’une réduction de 20 % sur les coûts de production. À Mulhouse comme ailleurs, les travailleurs sont habitués : quand les directeurs parlent de réduction de coûts, cela veut dire des suppressions de postes.
Depuis des mois, la hiérarchie rabâche à longueur de journée que, pour avoir un nouveau véhicule, « un avenir pour le site », il faut accepter tous les sacrifices : le résultat est que l’on est de moins en moins nombreux à fabriquer des voitures alors même que les cadences ont augmenté. Alors, après ces annonces, les choses vont-elles changer ? Des dizaines de suppressions de poste sont encore programmées sur les lignes de montage sous prétexte que la DS7 est en fin de vie. Comme le dit un salarié « ils vont financer ces investissements, en foutant des gars à la porte, et ceux qui resteront travailleront plus ».
L’accueil des salariés est mitigé. « Du boulot en 2028-2029, mais d’ici là qu’est-ce qu’on va faire ? On va chômer ? » Dans les ateliers de forge-fonderie et de mécanique, on s’inquiète : « qu’est-ce que l’on va devenir si on passe au tout électrique ? ». Et, à la fin de la production de la DS7 en juillet, des dizaines d’intérimaires vont encore être mis à la porte.
Pourtant, de l’argent, il y en a plein les coffres des familles Peugeot, Agnelli et dans les caisses de Vanguard et BlackRock, qui sont les principaux actionnaires du groupe Stellantis. C’est assez d’argent pour payer tous les salaires et garder tout le monde. Depuis 2021, plus de 54 milliards de profits ont été amassés par cette multinationale.
Au lieu de licencier des centaines d’intérimaires ou de fermer Poissy, le groupe aurait largement les moyens de répartir le travail entre ceux qui en ont trop et ceux qui n’en ont pas, et de baisser les cadences. Pour l’imposer, il faudra que cela devienne l’affaire de tous, de ceux qui risquent de perdre leur emploi, comme de ceux pour qui il semble assuré.