Travailleurs immigrés : rackettés par l’État28/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P5-1_2026_03_14_Manif_contre_racisme_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C83%2C799%2C533_crop_detail.jpg2026-04-28

Leur société

Travailleurs immigrés : rackettés par l’État

La loi de finances votée en février comportait tout un volet contre les travailleurs étrangers, car rendre quasiment impossibles les demandes de titre de séjour ne suffisait pas aux pouvoirs publics. À partir du 1er mai, le tarif des taxes liées à ces demandes devrait fortement augmenter.

Illustration - rackettés par l’État

Le timbre fiscal que tout travailleur étranger doit payer pour l’obtention d’un titre de séjour passe en effet de 225 euros à 350 euros. Le tarif minoré pour les jeunes, les travailleurs saisonniers ou les familles, double lui aussi, passant de 75 à 150 euros. Mais le racket ne s’arrête pas là. Il faudra payer 250 euros au lieu de 225 pour le renouvellement de ce même titre de séjour. Le duplicata de ce précieux sésame coûte autant que sa première obtention, soit 350 euros. Pour la naturalisation française, l’addition aussi est élevée, la demande d’accès à la nationalité passant de 55 euros à 255.

De nouvelles taxes ont aussi été inventées. Pour renouveler une autorisation temporaire de séjour, il faudra désormais débourser 100 euros. Transformer un permis de conduire étranger en un permis valable en France coûtera 40 euros, alors que c’était gratuit jusque-là.

Ces travailleurs devront donc débourser des sommes extravagantes pour des actes administratifs vitaux. Or ils sont déjà largement exploités et volés par de multiples trafiquants. Les travailleurs étrangers en situation irrégulière sont déjà rançonnés par ceux qui leur fournissent des papiers, arnaqués par les patrons qui les embauchent et les surexploitent, maltraités par des bailleurs escrocs…

L’État fait déjà tout ce qui est en son pouvoir pour rendre la vie encore plus difficile à ces travailleurs. Les bureaux des préfectures sont systématiquement inaccessibles quand il faut faire des demandes ou pour faire renouveler son titre de séjour. Le parcours administratif pour constituer un dossier est un enfer. Le manque de créneaux disponibles renforce un véritable trafic des rendez-vous. Bien des travailleurs précaires peuvent se retrouver sans papiers du jour au lendemain, et perdre leur emploi pour un simple retard administratif, volontairement organisé par des préfectures dont la lutte contre les travailleurs les plus pauvres est le leitmotiv.

En véritable usurier, l’État augmente maintenant les droits à s’acquitter pour obtenir des papiers réguliers. Il se comporte comme tous les trafiquants et passeurs qui profitent de la misère de ces travailleurs.

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