Tunisie : les températures montent, la colère aussi29/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3026-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-29

Dans le monde

Tunisie : les températures montent, la colère aussi

Samedi 25 juillet, à l’appel de partis d’opposition, plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Tunis contre le gouvernement de l’actuel président Kaïs Saïed.

Cinq ans après le coup de force du président dictateur, les manifestants scandaient, entre autres : « Ni eau, ni électricité, il n’y a que prison et hausse des prix » et « Kaïs Saïed à Razi » (l’hôpital psychiatrique de Tunis). Non seulement les voix d’opposants sont systématiquement étouffées mais, depuis des semaines, la colère monte du fait des coupures d’électricité liées à la canicule. Avec des températures autour de 45o sur la côte et frôlant les 50o à l’intérieur, les infrastructures ne suivent pas, notamment durant les heures les plus chaudes avec les pics de consommation liés à la climatisation.

La STEG (Société tunisienne de l’électricité et du gaz) a procédé à des coupures de courant sur des quartiers entiers, souvent plusieurs heures d’affilée, pour éviter une panne généralisée. Cela se traduit par des coupures d’eau, lorsque les stations de pompage sont privées de courant, et des difficultés dans les hôpitaux, et complique la vie quotidienne. Des commerces de base comme les boulangeries ne peuvent parfois pas ouvrir, et en raison de la chaleur, la nourriture dans les frigos est bonne à jeter au bout de quelques heures sans électricité, alors que les classes populaires sont déjà prises à la gorge par l’augmentation des prix.

Dans les cas les plus dramatiques, plusieurs dizaines de personnes au moins sont décédées de coups de chaleur du fait de l’arrêt des climatisations ou faute de pouvoir faire fonctionner leur appareil respiratoire.

Kaïs Saïed, après plusieurs jours de silence, s’est exprimé ce même samedi 25 pour dire que le rythme des coupures était « anormal » mais sans annoncer de mesure concrète. En revanche, des dizaines de fourgons de police étaient positionnés dès le matin à Tunis sur le parcours de la manifestation, sans compter les drones de surveillance présents depuis la veille et les bus de ville réquisitionnés pour pouvoir embarquer si besoin encore plus de monde.

Malgré la dictature, le mécontentement profond s’exprime et ne se limite pas aux conséquences actuelles de la canicule. Il est alimenté par la dégradation continue des conditions de vie des classes populaires, le chômage dans les régions du centre et du sud et l’augmentation du coût de la vie, l’absence de perspectives pour la jeunesse qui s’exile quand elle le peut.

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