Ukraine-Russie : toujours plus de victimes12/08/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/08/une_3028-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1264%2C1640_crop_detail.jpg2026-08-12

Dans le monde

Ukraine-Russie : toujours plus de victimes

C’est une sanglante litanie : chaque jour plus nombreux et plus meurtriers, drones et missiles russes s’abattent sur des villes d’Ukraine. Et chaque jour, en écho, l’état-major ukrainien se félicite, lui, d’avoir frappé « l’ennemi », parfois très loin à l’intérieur de la Russie.

Les communiqués officiels décomptent les victimes civiles. La nuit du 8 au 9 août – car ces attaques ont souvent lieu de nuit, ce qui terrorise plus les populations – des drones russes ont tué cinq habitants d’Odessa et de Kharkiv. Le lendemain, ils ont frappé un hôpital pédiatrique de Kiev, des sous-stations électriques de Kherson et Kharkiv, des entreprises de Donetsk, Dnipropetrovsk et Mykolaïv. Au même moment, des drones ukrainiens incendiaient la raffinerie russe de Nijnekamsk, au Tatarstan : 13 morts. La veille, d’autres raffineries avaient flambé : à Tobolsk, en Sibérie, et à Orsk, plus à l’ouest, dans ce dernier cas, sans faire de victime, selon le gouverneur de la région. Est-ce vrai ? En tout cas, les autorités préfèrent ne pas insister sur les travailleurs qui sont blessés et, surtout, ceux qui meurent dans de telles attaques.

Toujours pour « ne pas démoraliser l’arrière », de crainte qu’il veuille alors leur demander des comptes, les dirigeants des deux camps font état d’un nombre de victimes dérisoire. Pour cela, il leur suffit d’abord de ne jamais comptabiliser ces civils sous l’uniforme que sont les soldats, eux qui tombent par centaines et plus chaque jour.

Cette boucherie dure depuis quatre ans et demi. Mais c’est à son 1 624e jour, le 6 août, que le secrétaire général de l’ONU a estimé que les grandes victimes en sont les populations de « Kiev et d’autres villes en Ukraine » ainsi que de « plusieurs régions de la Fédération de Russie ». Il a déclaré : « Ces dernières séries d’attaques suivent un schéma alarmant de frappes contre des zones peuplées, (ce qui est) une violation claire du droit humanitaire. »

L’ONU peut « condamner fermement » ces bombardements, cet organisme n’a jamais eu les moyens ou même l’intention d’imposer un véritable « droit humanitaire ». Et ses discours n’émeuvent ni Poutine, ni Zelensky, ni leurs généraux. Le Kremlin continue de resserrer son étau sur les jeunes et moins jeunes, qu’il expédie au front au rythme de 30 000 par mois, afin de combler ses pertes. Quant à l’armée de Kiev, elle n’hésite pas – on vient de l’apprendre – à tirer sur ses soldats quand ils reculent et son gouvernement veut réduire encore la liste, pourtant déjà très restrictive, des motifs d’exemption de service.

Détruire systématiquement les infrastructures civiles et énergétiques, bombarder les zones densément habitées, envoyer à l’assaut des vagues d’hommes qui n’en réchapperont pas : on a là une guerre d’attrition, disent les « experts » en stratégie. En clair, chaque camp s’épuise sans grand résultat sur le terrain, mais fait tout pour que la partie adverse, et sa population qui le paye de son sang, ne puissent plus suivre.

C’est à ce prix-là que les coteries dirigeantes se maintiennent au pouvoir à Kiev et Moscou, et qu’elles gardent la main sur les immenses opportunités d’affaires que permet la guerre. Quant aux grands gagnants que sont les marchands d’armes et les groupes capitalistes d’Amérique ou d’Europe, pourquoi voudraient-ils que se termine une tuerie qui leur est si profitable ?

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