Union européenne : la guerre aux réfugiés renforcée03/06/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/06/P16-1_Fronti%C3%A8re_cimeti%C3%A8re_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C58%2C800%2C508_crop_detail.jpg2026-06-03

Leur société

Union européenne : la guerre aux réfugiés renforcée

Le 1er juin, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ont trouvé un accord sur un texte intitulé Règlement retour, qui renforce les moyens des États pour expulser les étrangers en situation irrégulière.

Illustration - la guerre aux réfugiés renforcée

Ce règlement complète le pacte sur la migration et l’asile adopté en 2024, qui avait déjà beaucoup durci les contrôles aux frontières. Il répond aux exigences de la droite et de l’extrême droite européennes, qui font de la lutte contre l’immigration l’un de leurs principaux fonds de commerce électoraux. Mais il est soutenu par la quasi-totalité des gouvernements de l’Union ; en France, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le ministre des Affaires européennes, Benjamin Haddad, se sont réjouis de son adoption.

Le texte accroît les sanctions contre les migrants qui refusent de collaborer à leur propre expulsion. Il autorise notamment la saisie de documents d’identité et porte la durée maximale de rétention à vingt- quatre mois, contre six aujourd’hui. Des hommes et des femmes qui n’ont commis d’autre « délit » que de chercher à vivre ou travailler en Europe pourront ainsi être enfermés pendant deux ans. Les interdictions d’entrée sur le territoire européen pourront atteindre dix ans, voire vingt dans certains cas. Le règlement donne également davantage de pouvoirs aux autorités pour rechercher les personnes menacées d’expulsion. Les associations apportant aide et hébergement aux exilés craignent que ces dispositions ne facilitent les contrôles et les interventions dans leurs locaux et renforcent encore la pression exercée sur les migrants.

De plus, cet accord ouvre la voie à la création de centres de rétention hors du territoire de l’UE. Des migrants pourraient être envoyés dans des pays avec lesquels ils n’ont aucun lien, au nom de la politique dite des « hubs de retour ». L’Italie a déjà conclu un tel accord avec l’Albanie pour y transférer certains exilés, tandis que d’autres États européens recherchent des pays prêts à jouer le rôle de geôliers pour l’Union, comme le Rwanda, le Kazakhstan ou l’Ouzbékistan. L’UE renforce ainsi son arsenal judiciaire et policier contre les pauvres qui fuient la misère, les dictatures ou les guerres, dans lesquels les puissances qui la composent portent une grande part de responsabilité.

Ceux qui cherchent un refuge en Europe ne cesseront évidemment pas de le faire parce que les frontières seront plus dures à franchir ou les centres de rétention, plus nombreux. En revanche, ces politiques toujours plus répressives rendront leur parcours encore plus dangereux et accroîtront les souffrances de femmes et d’hommes qui risquent déjà leur vie sur les routes de l’exil.

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