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- Lutte ouvrière n°3018
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Urgences psychiatriques Sainte-Anne – Paris : en grève, relever latête ensemble !

À partir du mardi 26 mai, les infirmiers du CPOA (Centre psychiatrique d’orientation et d’accueil) situé dans l’hôpital Sainte- Anne à Paris, se sont déclarés en grève face à la surcharge du service, dont le taux d’occupation moyen atteint 134 %, pour exiger des lits et des effectifs.
Tandis que certains grévistes sont assignés à tour de rôle et assurent un service minimum, d’autres animent un piquet de grève, vont distribuer au self le tract qu’ils ont écrit, rendent visite à d’autres services de l’hôpital ou à d’autres services d’urgences.
L’élément déclencheur du mouvement a été l’accueil des patients, 7 jours sur 7 et 24 h sur 24, dans des conditions indignes : matelas par terre dans des bureaux par exemple, effectif total de 36 infirmiers, ce qui ne suffit pas.
La grève a été préparée par les infirmiers avec l’aide de la CGT qui l’a officialisée. Elle l’a fait d’abord par une procédure de « danger grave et imminent », puis en participant aux côtés des grévistes à des réunions de négociations avec la direction. Mercredi 3 juin, la grève continue car les propositions de la direction sont jugées insuffisantes.
Chaque jour, les grévistes sont entre quinze et vingt à se réunir dans leur service, en assemblée, pour discuter et voter tout ce qui concerne leur mouvement : actions, service minimum des assignés, suivi du déroulé de la grève, revendications et réponses de la direction.
Après plus d’une semaine, les liens se renforcent. Les plus jeunes vivent leur première grève, découvrent des discussions animées et démocratiques, oublient la fatigue en consacrant leur temps libre à renforcer la lutte, réalisent que l’hôpital, c’est d’abord eux – tous ceux qui y travaillent. La généralisation à tout l’établissement n’est pas encore un objectif affiché mais l’idée commence à germer.