Verrerie Arc : un “sauveur” licencieur05/08/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/08/P10-2_ARC_suppressions_de_postes_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-6%2C0%2C938%2C524_crop_detail.jpg2026-08-05

Dans les entreprises

Verrerie Arc : un “sauveur” licencieur

À la suite du placement en redressement judiciaire du groupe verrier Arc, dans le Pas-de-Calais, Timothée Durand l’a racheté en avril dernier à OEP, un fonds d’investissement américain. On voit aujourd’hui ce qu’il en est de ce « sauvetage ».

Illustration - un <i>“sauveur”</i> licencieur

Ce Timothée est un héritier de la famille Durand, propriétaire de l’usine pendant plus d’un siècle avant de la vendre à OEP en 2015. Pour ce rachat, il s’est associé à la famille Leclercq, fondatrice de Décathlon, qui est la 38e fortune du pays et possède 3 milliards d’euros de fortune professionnelle.

Durand s’est présenté comme le sauveur, rabâchant qu’il était « la dernière chance » pour que l’usine ne ferme pas. Ce prétendu sauvetage s’est traduit par la suppression de 700 postes, dont plus de 200 licenciements ! Quant aux centaines de départs prétendument « volontaires », ils sont le résultat d’une politique patronale menée pendant des mois visant à pousser les travailleurs vers la sortie. L’usine compte désormais moins de 3 000 salariés. L’opération a aussi entraîné des suppressions de postes chez les sous-traitants : GSF, Torann et Api Restauration.

Ce plan social massif n’a rien coûté aux repreneurs puisqu’il a été presque intégralement financé par l’AGS, un fonds qui intervient en cas de « défaillances » des entreprises. Les pouvoirs publics ont accepté d’effacer des dizaines de millions d’euros de dettes contractées ces dernières années auprès de l’État, de la Région et de la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer (CAPSO). Les nouveaux patrons en profitent même pour se débarrasser de plusieurs hectares du territoire de l’usine, quasiment désaffectés, sous prétexte de compenser ainsi les dettes non remboursées à la CAPSO.

Durand rabâche aux travailleurs qu’ils doivent faire des efforts pour sauver l’usine, et donc sortir la même production avec des centaines de personnes en moins. Pour cela, la direction fait pression pour imposer des heures supplémentaires. Pendant la longue période de canicule, elle a fini par accepter qu’il y ait des pauses supplémentaires, mais qui n’ont souvent pas pu être prises faute de personnel pour relayer ceux qui avaient besoin de souffler. Et bien sûr, le patron affirme qu’il n’y a pas d’argent pour augmenter les salaires.

Dans l’affaire, il n’y a donc que les intérêts des patrons qui sont sauvés, avec la peau des travailleurs et l’argent public pris dans leurs poches.

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