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- Lutte ouvrière n°3023
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40e congrès du PCF : survivre électoralement ?
Le 40e congrès du PCF se tenait les 3, 4, 5 juillet à Lille. Des divergences se sont exprimées, non pas sur le fond mais sur la stratégie à adopter pour survivre.
Cela fait bien longtemps que le PCF n’a plus de communiste que le nom. À l’opposé des perspectives révolutionnaires qu’il traçait lors de sa création en 1920, la seule politique qu’il a poursuivie depuis 90 ans a été de s’intégrer à l’ordre social de la bourgeoisie et de le défendre à chaque fois qu’il était menacé par l’intervention des travailleurs.
Les intervenants au congrès du PCF avaient donc ce problème en toile de fond : comment ne pas disparaître parmi les autres partis de gauche, LFI dont l’électorat a augmenté et le PS, en perte de voix mais structuré autour de nombreuses mairies de grandes villes. Cette concurrence est d’autant plus grande que, sur le fond, les illusions électorales qu’ils véhiculent sont les mêmes. Le PCF emballe cette illusion du terme ronflant « des jours heureux», d’autant plus ridicule que la période est à l’intensification de la guerre sociale menée par les capitalistes contre les travailleurs, dans un contexte où la guerre économique entre les grands trusts entraîne l’humanité vers la généralisation des conflits armés.
Enfin, le PCF a d’autant plus de difficultés à survivre que, dans son électorat populaire traditionnel, cette illusion a laissé la place à une forte abstention ou à une illusion électorale encore plus grave, portée par l’extrême droite. Dans le Pas-de-Calais, département très ouvrier, dix des douze circonscriptions ont, depuis 2024, des députés RN.
Dans ce congrès, une fois de plus, les discours étaient saturés de nationalisme, quels que soient les intervenants. Parmi les perles, celle d’un responsable de Loire-Atlantique : « Nous avons le patronat le moins patriote d’Europe, il a organisé le grand déménagement de notre industrie ». Prétendre que l’industrie appartiendrait aux travailleurs dans le cadre du capitalisme est un poison : c’est préparer les travailleurs à se battre, y compris les armes à la main, pour défendre la bourgeoisie française dans sa concurrence avec les autres bourgeoisies. Cette politique nationaliste menée par le PCF a pavé la voie depuis des décennies au RN et continue de le faire.
Plusieurs « stratégies » en vue des prochaines élections se sont exprimées au congrès. Toutes veulent résoudre la quadrature du cercle : pour exister il faut se présenter contre les autres, mais pour être élus il faut s’allier avec eux. Cela vaut pour LFI comme pour le PS. Le PCF a donc alternativement, depuis 1965, soutenu le candidat de gauche au premier tour ou présenté son propre candidat. De plus, aujourd’hui, la pression à l’unité est d’autant plus forte que Le Pen monte dans les sondages. Finalement, le congrès s’est prononcé pour la candidature de Fabien Roussel.
Alors, les électeurs du PCF pourront-ils voter pour leur candidat en avril 2027 ? Rien n’est moins sûr, car tout dépendra des garanties que Roussel pourra obtenir pour les législatives qui suivront l’élection présidentielle.
Autant de stratégies, ou plutôt d’arrangements qui ne sont en rien des perspectives pour les travailleurs mais des calculs pour sauver des postes et ne peuvent, une fois de plus, que décevoir et décourager les militants.