Afghanistan : la population victime des talibans et de l’impérialisme19/08/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/08/P7-1_Trump_et_taliban_OK_LUPO.jpg.420x236_q85_box-74%2C0%2C1779%2C959_crop_detail.jpg2026-08-19

Dans le monde

Afghanistan : la population victime des talibans et de l’impérialisme

La dictature moyenâgeuse des talibans a fêté ses cinq années de pouvoir. Alliés de l’impérialisme américain, puis ennemis infréquentables avant de redevenir des interlocuteurs, les talibans sont revenus au pouvoir dans un pays dévasté par vingt ans de guerre et d’occupation américaines.

Illustration - la population victime des talibans et de l’impérialisme

Les quelques espaces de liberté qu’une partie des femmes avaient pu conquérir ont très vite été supprimés par les talibans. Les femmes ont disparu des rues, elles sont interdites d’école et de travail. La misère est partout et, d’après la direction du Programme alimentaire mondial, la malnutrition sévère frappe près de 36 % des 49 millions d’habitants.

Les dirigeants impérialistes, États-Unis en tête, sont les premiers responsables de cette situation catastrophique. Car les talibans, avant d’être désignés ennemi à abattre, avaient été financés et armés par l’État américain à la fin des années 1970, lorsqu’ils combattaient l’occupation de l’Afghanistan par l’URSS. Une fois au pouvoir, les talibans s’étaient retournés contre leur ancien soutien et, en 2001, après les attentats du 11 septembre aux États- Unis, l’armée américaine envahissait le pays.

Sous prétexte de donner la chasse à Ben Laden et aux forces d’Al-Qaida, des villages entiers furent anéantis. Le régime des talibans fut balayé en cinq semaines au prix de milliers de morts civils et de la destruction du pays. Mais le régime fantoche mis en place par le pouvoir américain ne pouvait tenir qu’avec le soutien armé de l’impérialisme. Commença alors une longue période de guerre et d’occupation par des dizaines de milliers de soldats américains, et de pays de l’OTAN, parmi lesquels la France.

Pour sortir du bourbier afghan, l’impérialisme américain choisit finalement d’engager à nouveau des discussions avec les talibans, qui contrôlaient une large partie du territoire. En février 2020, une rencontre organisée au Qatar par les négociateurs américains, sans même que le gouvernement afghan officiel soit convié, aboutit à un accord de paix avec les talibans. Désavoué par l’impérialisme, le gouvernement afghan ne tenait plus sur grand-chose et l’avancée des talibans fut rapide, aboutissant à la prise de Kaboul le 15 août 2021. Quinze jours plus tard, l’armée américaine quittait le pays.

Aujourd’hui, derrière les sanctions internationales et les condamnations officielles de l’atteinte aux droits des femmes, le régime des talibans est redevenu l’interlocuteur de l’impérialisme. Dès 2023, des rencontres plus ou moins discrètes ont eu lieu entre les autorités afghanes et des représentants des États américain, britannique, allemand et français. Par l’un de ces retournements d’alliances dont l’impérialisme est coutumier, les talibans, terroristes d’hier, se retrouvent aujourd’hui alliés de la guerre contre le terrorisme islamique. Le cynisme du « réalisme politique » n’ayant pas de limites, les États de l’Union européenne ont reçu des dirigeants du régime afghan en juin, pour négocier un accord sur le renvoi de réfugiés afghans déboutés du droit d’asile en Europe, livrant ainsi à la dictature ceux qui tentaient de la fuir ! Le blocage du détroit d’Ormuz et la recherche de nouveaux circuits commerciaux s’ajoutent à ces raisons de reconsidérer les relations avec l’Afghanistan des talibans. C’est là le vrai visage de l’impérialisme et le bilan catastrophique de ses interventions.

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