Allemagne : saignée d’emplois chez Volkswagen08/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3023-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-08

Dans le monde

Allemagne : saignée d’emplois chez Volkswagen

En Allemagne, les dirigeants du groupe Volkswagen, (VW), viennent d’annoncer la suppression de 100 000 postes d’ici 2030, sur un total de 657 000 emplois dans le monde. Après l’usine de Dresde, fermée en décembre 2025, quatre autres sont menacées dans le pays.

Les attaques s’appliquent déjà depuis un an et demi. Le PDG Blume avait, dès décembre 2024, prévu d’énormes coupes dans les effectifs en annonçant la suppression de 35 000 postes et en menaçant les travailleurs dans leur ensemble de baisser les salaires. Les actions du groupe avaient alors repris des couleurs. Mais le deuxième constructeur mondial, dont les actionnaires en exigent toujours plus, n’aurait obtenu à ce jour que 28 000 départs dits volontaires. Blume et ses pairs continuent donc à cibler, pour maintenir ses profits, la « réduction des coûts » que constituent les suppressions d’emplois.

Début janvier 2026, après s’être félicitée d’un cash-flow inattendu de 6 milliards d’euros, qui assurait tout au moins la part variable de la rémunération du PDG, la direction annonçait néanmoins un plan de réduction des coûts de 20 % d’ici 2028. Puis, en mars, avec la publication des résultats financiers de 2025 – 6,9 milliards d’euros contre 12,4 l’année précédente – la conclusion suivait : 50 000 emplois allaient être supprimés en moins de cinq ans. Une opération financière, la vente de 51 % de la filiale de grosses turbines et de moteurs pour cargos Everllence, rapportait encore plus de 7 milliards.

La direction, comme tout le clan des constructeurs, invoque la difficulté à opérer la transition de motorisation, le renchérissement des matières premières et de l’énergie, la hausse des droits de douane, le tarissement du marché chinois où le groupe était bien placé et, comme de juste, la concurrence des constructeurs chinois. En tout cas, elle a décidé de tailler plus radicalement dans le vif, c’est-à-dire dans le gagne-pain des travailleurs de toutes les catégories. Le dernier argument est d’ailleurs incohérent, puisque depuis des années, VW a des participations dans le groupe chinois Xpeng, et plus récemment, a monté des coentreprises avec les constructeurs SAIC, FAW et Anhui, en Chine toujours. Par ailleurs, Blume ne tient pas non plus à rappeler aux actionnaires le scandale du « dieselgate », qui a vu près d’un million de véhicules de la marque trafiqués pour passer les contrôles antipollution, et pour lequel le procès est encore en cours.

Ce sont désormais des travailleurs de VW, mais aussi des autres marques du groupe, Skoda, Audi – dont l’usine belge est désormais fermée – et Porsche, qui sont sur la sellette. En Allemagne, dans le cadre du plan de 11 milliards d’économies annoncé par Blume, ceux des usines de Hanovre, Zwickau, Emden et Neckarsulm (Audi) pourraient être concernés. Le fait que le Land de Basse-Saxe détienne 20 % des parts de VW protégera-t-il les salariés des scandaleuses intentions de la direction ? On peut en douter, malgré les protestations polies des élus SPD (sociaux-démocrates) et Verts. Quant aux responsables syndicaux, dans un communiqué commun avec la BDI, l’équivalent du Medef, ils en appellent sans honte à « promouvoir la force d’innovation » sur le territoire, à réduire les coûts, à augmenter les volumes et la productivité. Pour défendre avant toute chose leur gagne-pain, leur salaire, les travailleurs menacés ne pourront pas se fier à ces gens-là.

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