Bus – Île-de-France : en surchauffe !19/08/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/08/une_3029-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-08-19

Dans les entreprises

Bus – Île-de-France : en surchauffe !

Après qu’un DGI (danger grave imminent) a été déclaré par un militant CGT, l’inspection du travail s’est déplacée pour mesurer les températures à bord des bus.

Sur la ligne 180 de la banlieue sud de Paris, elle a relevé 42,3 °C au volant. Et 38,3 °C pour l’air soufflé par la ventilation… censée réduire la chaleur. L’inspection du travail a aussi relevé une température de 39,1 °C dans une salle de terminus où les conducteurs de bus prennent leur pause. Elle a envoyé un courrier de mise en demeure à la RATP le 10 juillet. Cette dernière a répondu dans les médias que, depuis le 1er août, ce n’est plus elle qui s’occupe de cette ligne. Car c’est l’entreprise Kéolis qui a récupéré ce dépôt de bus dans le cadre des appels d’offres en cours.

Pécresse, présidente de la région, a de son côté déclaré que la climatisation des bus va se poursuivre d’ici à 2030. En effet, moins de la moitié des 4 500 bus qui dépendaient de la RATP ont actuellement une climatisation. La RATP y a été opposée durant des années, afin d’économiser sur leur maintenance. La climatisation des bus est donc loin d’être réalisée. Et quand un bus en est équipé, le système installé s’avère souvent déficient et pas assez entretenu.

S’il fait 38 °C à l’extérieur, dans un bus sans climatisation il fait 41 °C en moyenne au volant. Parfois plus. Dans un bus bondé, c’est encore pire. La chaleur est suffocante. Il y a des malaises parmi les voyageurs. Dans un bus climatisé, lorsque la température réelle extérieure est à 40 °C, il fait environ 35 °C au poste de conduite, et 36° côté voyageurs ! En effet, la RATP a réglé le système pour réduire de quelques degrés seulement par rapport à la température extérieure. Cela afin de limiter l’impact sur la consommation d’électricité ou de gaz. Cela lui permet d’équiper ses bus avec une batterie en moins (15 000 €). Concrètement, la climatisation marche à fond dix minutes, puis s’abaisse automatiquement.

À cela s’ajoute la multiplication des avaries. Les bus en surchauffe tombent en panne. La régulation dit alors aux conducteurs d’arrêter la climatisation pour que le bus ne se mette pas en voyant rouge, ce qui implique une immobilisation sur place.

Des conducteurs se sentent mal, interrompent leur service. La RATP essaye de les pointer en « accident bénin », et pas en accident de travail, afin que cela ne remonte pas à la médecine du travail, ni dans les statistiques. Au début de l’été, un conducteur de la ligne 189, basé au dépôt attribué à la compagnie ATM, a fait un malaise, et son bus sans climatisation s’est encastré dans un arbre. Après cela, les pauses ont été allongées. Mais depuis 2023 les journées de travail sont allongées de 40 minutes.

Des conducteurs excédés exercent leur droit de retrait et rentrent le bus au dépôt. La hiérarchie les avertit alors que, s’ils arrêtent leur service, ils devront se laisser emmener aux urgences, sachant que les conducteurs craindront d’y attendre des heures et préféreront ainsi reprendre leur service. Quand des conducteurs demandent un changement de bus, ils s’entendent répondre : « Donc, tu veux qu’on t’envoie les pompiers ? »

Les élus de gauche pointent la responsabilité de Pécresse, dédouanant ainsi la RATP. Mais qu’il s’agisse de l’État, du gouvernement, de la région, des constructeurs de bus, des patrons comme la RATP, Kéolis, Transdev ou ATM, tous ont le même mépris des travailleurs et de la population. Car leur priorité est l’enrichissement des gros actionnaires.

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