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Dans le monde
Cuba : sous la pression de l’impérialisme
Le 18 juin, l’Assemblée nationale cubaine a adopté à l’unanimité un arsenal de 176 mesures économiques visant à ouvrir le marché de l’île aux capitalistes locaux et étrangers.
Ces mesures permettront à des capitalistes d’acheter les entreprises étatiques une fois qu’elles seront devenues des sociétés commerciales et de développer des entreprises sans limitation du nombre des salariés. Les banques privées, nationales ou étrangères, pourront ouvrir et opérer sur l’île, mettant fin ainsi au monopole bancaire d’État. Par ces mesures, le régime cubain invite les capitaux étrangers, ceux de la diaspora, de la bourgeoisie cubaine émigrée aux États-Unis en particulier, à venir s’investir sur l’île, livrant l’économie cubaine à leur rapacité. Si les États-Unis décident sur la base de ces mesures de renouer des relations avec le régime cubain, elles entraîneront un vrai recul pour la population.
Parmi les autres mauvais coups annoncés, les subventions pour l’eau, l’électricité, les loyers, seront supprimées pour l’ensemble des Cubains et réservées uniquement aux plus pauvres. L’Assemblée nationale a aussi prévu que les entreprises publiques et les administrations puissent licencier. Si un salaire minimum est établi et indexé sur l’inflation, les entreprises seront ensuite libres de décider des rémunérations.
Le régime cubain espère avec cette ouverture sauver sa propre position alors que la pression impérialiste est de plus en plus forte. Depuis janvier, les États-Unis ont d’abord bloqué les importations de pétrole avec pour effet que seul un pétrolier russe a pu faire des livraisons. Toutes les entreprises rattachées directement ou indirectement à l’armée cubaine, ce qui représente la moitié de l’économie de l’île, sont menacées de perdre leurs avoirs ainsi que l’accès aux banques américaines, ce qui les couperait du marché mondial et dégraderait encore l’économie cubaine. Résultat de cette campagne menée pour provoquer l’effondrement économique de Cuba, trois chaînes hôtelières internationales et une banque traitant les transactions Visa et Mastercard pour le compte de la banque d’État se sont retirées du pays. Deux grandes compagnies maritimes, la française CMA CGM et l’allemande Hapag-Lloyd, ont annoncé leur intention de cesser leurs activités à Cuba. Pour les travailleurs cubains, le quotidien se résume bien souvent à la survie, sous la pression du chômage et de l’inflation galopante, sans électricité autrement que deux ou trois heures par jour, ni transports. Alors que Cuba était un modèle en matière de santé publique, les opérations dans les hôpitaux, les dialyses deviennent problématiques faute d’électricité ou de pétrole pour les groupes électrogènes.
En invitant la diaspora cubaine, anticastriste, à revenir faire des affaires dans l’île et à exploiter ses travailleurs, le gouvernement cubain espère amadouer l’impérialisme américain pour qu’il relâche sa pression tout en lui permettant de rester au pouvoir. Il n’est pas dit que cela suffise à l’impérialisme, qui a d’ores et déjà répondu en qualifiant ces réformes d’« écran de fumée superficiel ». Il est donc probable qu’il maintienne sa pression car, au fond, ce qu’il reproche au régime cubain est simplement d’exister depuis 1959 comme un régime indépendant, qu’il ne contrôle pas, un caillou dans la chaussure des États-Unis.