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Dans les entreprises
Elivia : homicide patronal
Le procès de l’entreprise agroalimentaire Elivia pour homicide involontaire s’est ouvert jeudi 18 juin. À l’abattoir de Villers- Bocage, dans le Calvados, un travailleur congolais d’une trentaine d’années est mort en avril 2023, écrasé par 600 kg de viande.
Dans le département, l’abattoir d’Elivia est connu pour ses conditions de travail difficiles : les ouvriers commencent tôt le matin et doivent travailler dans le sang et les mauvaises odeurs. À l’époque de l’accident, il n’y avait pas de climatisation à l’abattage : les travailleurs suaient à grosses gouttes pour suivre les cadences difficiles ou soulever de lourds morceaux de viande.
Alors, évidemment, vu les conditions de travail, les accidents ne sont pas rares, mais l’entreprise rejette toute la responsabilité sur les ouvriers. Dès le début de leur mission, on explique aux intérimaires que s’ils se mettent en arrêt maladie, ils causent du tort à l’entreprise. En cas de blessure, la direction propose souvent un poste aménagé pour éviter de déclarer un accident de travail ; parfois, elle renvoie carrément l’ouvrier blessé chez lui sans attestation, là encore pour éviter d’avoir à déclarer quoi que ce soit.
Le lendemain de l’accident mortel de 2023, le travail a repris comme si de rien n’était. Le message était clair : pour la direction, les ouvriers ne sont que quantité négligeable, et la mort de l’un d’eux est un non-évènement. Au procès, l’avocat d’Elivia a expliqué que « la qualification d’homicide involontaire est inexacte et injuste ». Quelle indécence !
Alors, le minimum serait que la famille de l’ouvrier décédé obtienne la somme qu’elle demande. Mais il faut aussi se battre pour que ce genre d’accident ne se reproduise pas : si les travailleurs se lèvent tous les matins pour aller au travail, c’est pour gagner leur vie, pas pour la perdre !