Nos lecteurs écrivent : Vuitton, les coulisses de l’exploitation08/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3023-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-08

Dans les entreprises

Nos lecteurs écrivent : Vuitton, les coulisses de l’exploitation

Je suis embauchée en tant que maroquinière chez Louis Vuitton dans la région Rhône-Alpes, entreprise de l’un des hommes les plus riche du monde, Bernard Arnault, avec 150 milliards de fortune en 2026.

Voilà une idée des coulisses de cette entreprise de luxe : pendant la canicule, mes collègues et moi avons travaillé sous les tôles, pendant 8 heures, sous 40°C avec juste une toute petite pause pipi. Les horaires de pause n’étaient même pas respectés, c’était difficile d’avoir de l’eau. Nous n’avons pas de climatisation dans les ateliers, juste un ventilateur pour quatre qui brasse de l’air chaud. Avec ses 19 milliards de chiffre d’affaires cette année, l’entreprise n’investit même pas dans quelques ventilateurs supplémentaires !

Même dans cette fournaise, les journées ont été comme d’habitude très chargées et le travail de plus en plus stressant. Les chefs d’équipe mettent une pression constante et ne pensent qu’aux résultats dans l’immédiat et à nous faire faire toujours plus de produits.

Quand on arrive dans cette entreprise, on nous fait rêver ! Mais la pression au travail est poussée à l’extrême, en particulier pour les nouveaux collègues qui arrivent et doivent apprendre le travail. La formation est bâclée, les nouveaux ont à peine le temps d’apprendre qu’ils sont mis sur ligne pour faire un travail totalement différent de ce qu’ils ont appris en formation. Sur la plupart des lignes, on ne monte plus le produit en entier, mais on en fait juste une partie.

Toute la journée, on enchaîne des gestes répétitifs et les douleurs sont au rendez-vous afin de « produire toujours plus » de sacs qui valent des milliers d’euros.

En plus de ces conditions de travail, la discrimination et le racisme font partie de notre quotidien pour diviser les collègues entre eux.

On nous dit tout le temps que l’on est facilement remplaçable ! Les chefs nous le répètent bien trop souvent !  Mais c’est nous qui faisons tourner l’entreprise et qui produisons tout !

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