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OTAN : les marchands d’armes comblés
Organisé les 7 et 8 juillet à Ankara en Turquie, le sommet de l’OTAN a été une nouvelle occasion de justifier l’augmentation des dépenses militaires des pays membres.

Sur fond de guerre en Ukraine et sous prétexte de se protéger contre « la menace russe », le discours des dirigeants européens depuis le retour de Trump au pouvoir est une véritable rengaine. Il faudrait empêcher le retrait des États-Unis de l’OTAN, comme en menace le président américain sous prétexte que l’Europe doit « prendre sa défense en main ». Et pour cela il faudrait satisfaire ses exigences en augmentant les dépenses consacrées par chaque État à ses armées.
Ainsi, lors du sommet de 2025, les États membres s’étaient engagés à consacrer 3,5 % de leur PIB aux dépenses militaires et 1,5 % à leurs dépenses dites de sécurité d’ici 2035. Tandis que Trump distribue les bons et les mauvais points, le secrétaire général de l’OTAN, le néerlandais Mark Rutte, a mis en avant les 139 milliards d’euros supplémentaires consacrés aux armées, dans l’année écoulée, par les pays membres de l’Alliance atlantique autres que les États-Unis. C’est une hausse de 20 % ! Dans tous les pays, alors que, quand il s’agit de financer les services utiles à la population, les dirigeants répètent que les caisses sont vides et la dette publique abyssale, les milliards jaillissent par dizaines pour l’armement.
Le sommet d’Ankara a été l’occasion d’annoncer de nouvelles commandes : drones de surveillance de la firme américaine Northrop, avions de transport et de ravitaillement d’Airbus, avions de reconnaissance GlobalEye de Saab, missiles Patriot de l’américain Raytheon. L’enjeu principal de toutes les discussions des chefs de l’OTAN autour de la sécurité de l’Europe, de l’aide à fournir à l’Ukraine et de la répartition des efforts entre États, est de savoir quelles firmes emporteront les plus gros contrats. Avec 64 % des achats européens, une proportion en hausse, les marchands d’armes américains tiennent le haut du pavé.
Chaque gouvernement défend bien sûr ses champions nationaux. Le projet d’avion de combat européen SCAF a été enterré car il faisait de l’ombre à l’avionneur français Dassault. À la veille du sommet de l’OTAN, le gouvernement allemand a annoncé que son budget militaire passera de 110 à 180 milliards d’euros d’ici 2030. Sur la même période, le chancelier Merz veut consacrer 600 milliards d’euros à des investissements massifs dans l’industrie militaire. Pour les financer, Merz va emprunter, creusant la dette publique, et pour le justifier, il a affirmé « on ne peut pas se défendre contre Poutine avec un déficit zéro ». Mais Poutine n’est que l’ogre du conte pour enfants. Les dépenses militaires sont d’abord destinées à ranimer la croissance économique anémiée par la crise.
Au-delà de préparer les guerres qu’engendrent les rivalités impérialistes, l’enjeu immédiat de la course à l’armement qui s’accélère partout dans le monde est d’assurer les profits de Rheinmetall ou ThyssenKrupp Marine en Allemagne, de Dassault ou Thales en France, et de leurs concurrents de diverses nationalités.