- Accueil
- Lutte ouvrière n°3029
- Pompiers : la colère
Leur société
Pompiers : la colère
Reçus par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, le 13 août, les représentants des pompiers en grève ont eu droit à de vagues promesses.
Après vingt ans de sous-investissement dans les services de sécurité civile, les pompiers sont envoyés combattre des incendies de plus en plus fréquents et violents sans moyens. D’après un délégué syndical SUD, 3 000 pompiers volontaires ayant réussi le concours n’ont toujours pas été recrutés, les postes n’ayant pas été créés. Le représentant de la CFDT explique qu’entre 2015 et 2025, le nombre d’interventions a augmenté de 600 000, tandis que les effectifs de pompiers professionnels ne progressaient que de 7 %.
En ce qui concerne les moyens, la flotte de douze Canadair, qui date de 30 ans, « ne présente que six ou sept avions en état de fonctionnement alors que tout le territoire brûle » a souligné un autre syndicaliste. Même les équipements indispensables pour protéger la sécurité des pompiers, cagoules filtrantes, équipements d’aspersion d’eau pour les camions, sont insuffisants.
Après quatre morts et au moins 129 victimes d’intoxication depuis le début des incendies de l’été, la colère des pompiers s’est heurtée au mépris du gouvernement. Interpellé sur la communication du gouvernement prétendant qu’il avait tout prévu et mis tous les moyens dans la lutte contre les incendies, le ministre de l’Intérieur a répondu : « Quand vous dites les moyens, les discours institutionnels, etc. Nous, on est aussi des politiques. Moi, je suis aussi ministre de l’Intérieur, certes ancien préfet, très haut fonctionnaire dans ma tête, mais je suis aussi un politique. Quand vous avez des opposants qui disent qu’il n’y a pas assez de moyens aériens, c’est normal qu’on ait une posture. »
Révélés par Médiapart, les propos du ministre illustrent bien la politique du gouvernement : prendre la pose, multiplier les hommages et les promesses creuses. Un message reçu cinq sur cinq par les pompiers, qui prévoient une nouvelle mobilisation en septembre.