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Leur société
Programme du Medef : il en veut toujours plus
Le Medef a publié la semaine dernière un plan d’économies pour les finances publiques. Une cinquantaine de mesures qui permettraient, selon lui, d’économiser 44 milliards l’année prochaine et 100 milliards d’ici à 2030.

Ce plan reprend la proposition du patronat sur la protection sociale, qui consiste à diminuer massivement les cotisations sur les salaires, de 16 milliards pour la part patronale et de 9 milliards pour la part salariale. Cela serait compensé en augmentant la TVA de plus de 2 points (19 milliards) et en alourdissant la fiscalité des retraités (6 milliards). Cette économie massive pour les patrons serait donc payée par tous les consommateurs avec la TVA, et par les retraités. Mais cette partie du plan ne change rien au budget de l’État.
Pour diminuer le déficit public, le Medef n’accepte aucun impôt supplémentaire pour le patronat. Au contraire, il veut supprimer la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises et diminuer les impôts de production de 6 milliards d’euros l’an prochain, et 10 milliards en 2030.
Le gros des économies proposées se ferait sur les fonctionnaires, dont les salaires et les avancements seraient gelés. Un départ en retraite sur deux ne serait pas remplacé, un sur trois dans les hôpitaux, qui croulent déjà sous la charge de travail. 100 000 emplois territoriaux seraient supprimés. La deuxième grosse source d’économies vise les retraités : relèvement de l’âge de départ à 65 ans, gel des pensions pour 2027.
Les autres mesures envisagées sont autant d’attaques contre les travailleurs : une forte diminution des dépenses de santé, baisse des remboursements et des arrêts de travail, diminution des droits au chômage, gel des prestations sociales, diminution des subventions de l’État aux associations… La société peut bien s’enfoncer dans la crise, les hôpitaux manquer dramatiquement de moyens, les classes populaires être plongées de plus en plus dans la pauvreté. De tout cela, le Medef s’en moque, il en veut toujours plus !
Pour le Medef, le budget de l’État doit continuer à être au service du patronat, qui profite massivement de toutes sortes de commandes, subventions et aides qu’il n’est pas question de supprimer. Et il n’a pas tort de dicter ses quatre volontés puisque le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a dit accueillir ces propositions « très positivement ».