Samusocial : une expulsion révoltante19/08/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/08/une_3029-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C0%2C1271%2C1649_crop_detail.jpg2026-08-19

Leur société

Samusocial : une expulsion révoltante

La police a évacué de force les 450 sans-abris installés depuis la mi-juillet devant le siège parisien du Samusocial, dans le 13e arrondissement parisien.

Les travailleurs de cet organisme étaient pour leur part en grève depuis la fin juin pour protester contre la suppression de 1 200 nuitées d’hébergement et pour revendiquer des augmentations de salaire.

Jeudi 13 août à l‘aube, 45 camions de police bouclaient le quartier, avant qu’une colonne de policiers lourdement harnachés donne l’assaut, terrorisant les 200 enfants que comptait le campement. Une partie des sans-abris avaient pris les devants et, depuis 5 heures du matin, erraient aux environs de la bibliothèque François-Mitterrand, traînant de lourds ballots et tenant des enfants parfois très jeunes à la main. Comme à chaque expulsion de ce type, la préfecture prétend proposer des solutions. Les sans-domiciles savent parfaitement de quoi il retourne. Après quelques jours passés dans un hôtel, ils seront remis à la rue, loin de l’école de leurs enfants, des quelques services sociaux qu’ils fréquentent et bien souvent de l’endroit où ils ont trouvé un travail ou un moyen de survie. Ceux qui, parmi eux, n’ont pas de papiers ont tout à craindre de ces interventions policières.

L’arrêté de la préfecture justifiant l’évacuation est un monument d’hypocrisie. Il mettait en avant le fait qu’il était dangereux que des enfants dorment dehors et qu’au vu des températures, les adultes étaient également en danger. Cela alors même que les places d’hébergement d’urgence sont de moins en moins nombreuses. Chaque nuit, des personnes sans domicile appellent le 115 ou se présentent à la permanence du Samusocial qui, de plus en plus souvent, ne peut leur donner satisfaction. Hommes, femmes et enfants doivent alors s’abriter où ils le peuvent, sous les ponts autour de la capitale ou dans un recoin quelconque.

Qu’importe aux autorités le sort de ces sans-abris ! Ce qui compte c’est qu’ils soient dispersés et donc invisibles. Quand ils se regroupent pour protester, on leur envoie la police.

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