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Sida : la logique du profit contre la santé
Du 26 au 31 juillet 2026, à Rio de Janeiro, la 26e Conférence internationale sur le sida a rappelé une réalité significative : la science dispose aujourd’hui des moyens de freiner voire de mettre fin à l’épidémie de VIH, mais les impératifs financiers continuent d’entraver ce progrès.
En 2025, les financements internationaux destinés à la lutte contre le VIH dans les pays les plus pauvres ont chuté de 18 %, tombant à 7,3 milliards de dollars, leur niveau le plus bas depuis près de vingt ans. Les États-Unis, qui représentent encore 74 % de ces financements publics, ont massivement réduit leurs aides après le retour de Trump. C’est une condamnation à mort pour les programmes de prévention dans les pays les plus touchés, en particulier en Afrique.
Les conséquences sont déjà visibles : le recours à la PrEP, traitement préventif contre le VIH, a baissé de 38 %, les dépistages de 22 %, et dans certains pays la distribution de préservatifs a chuté de 90 %. Si cette tendance se poursuit, l’agence de l’ONU sur le sida prévoit des chiffres terrifiants : 6 millions d’infections supplémentaires au VIH et 4 millions de décès liés au sida dans les années à venir.
L’administration Trump réduit les budgets consacrés à la lutte contre le sida comme tous les autres budgets jugés humanitaires. Le choix est de réorienter l’argent vers l’économie de guerre et les profits de la bourgeoisie américaine. Avec plus ou moins de cynisme, les puissances occidentales font le même calcul.
La conférence a aussi mis en avant le Lenacapavir, une injection préventive administrée deux fois par an, dont l’efficacité est proche de 100 %. Cette avancée, la plus importante depuis dix ans, pourrait transformer la lutte contre le VIH. Mais là encore, les financements manquent et le système des brevets verrouille l’accès. Gilead, le trust pharmaceutique qui produit ce traitement, a accordé des licences à six fabricants de génériques pour un coût d’environ 40 dollars par personne et par an. Mais cette offre ne concerne qu’une liste de 120 pays à faible revenu, surtout en Afrique. Le Brésil, l’Argentine, le Mexique, le Pérou – pourtant parties prenantes des essais cliniques – en sont exclus, tandis qu’aux États-Unis, le prix officiel du traitement dépasse 28 000 dollars par an.
Le message est clair : la logique du profit passe avant l’éradication d’une épidémie qui pourrait être maîtrisée, voire stoppée, et avant le droit de millions de malades à être soignés.