SNCF : demi-aveux de Castex08/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3023-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-08

Dans les entreprises

SNCF : demi-aveux de Castex

Interviewé sur France Inter le 1er juillet, Jean Castex, ex-Premier ministre et PDG de la SNCF, a reconnu qu’il ne pouvait pas « garantir que tout va marcher très bien à 100% dans les prochaines semaines » sur le réseau ferroviaire. C’est le moins qu’on puisse dire !

Il y a quinze jours, la SNCF supprimait un millier de trains. Des rames sont tombées en panne, laissant des passagers suffoquer dans des voitures où la température s’est élevée à 50 degrés. Même si Jean Castex s’est bien sûr retranché derrière les circonstances exceptionnelles de la canicule, il a cependant reconnu que les défaillances, pannes et autres trains annulés « étaient le résultat de cinquante ans de sous-investissements ».

La SNCF, avec la bénédiction de l’État, est depuis longtemps partie dans une course effrénée à la productivité, avec pour objectif de dépenser chaque année toujours moins, alors que le nombre de voyageurs augmente. Rien que ces cinq dernières années, elle a dégagé 7,8 milliards de profit, tandis que sa flotte de TGV passait de près de 500 rames à 363.

Les milliards ont été produits par l’exploitation des travailleurs du rail, par des suppressions massives de postes et par une hausse continue de la pression au travail. Dans les centres de maintenance, les demandes de congés sont refusées par manque de personnel. Pour les conducteurs, les prises et fin de service sont de plus en plus espacées, les temps de conduite augmentent au point qu’il est parfois impossible de prendre une pause repas.

Cette pression s’accompagne d’une répression toujours plus grande. L’encadrement est de plus en plus prompt à exiger des explications pour le moindre événement, à sanctionner pour la moindre broutille. Il arrive qu’un salarié apprenne en pleine visioconférence que son poste est supprimé. Le 10 juin dernier, une grève nationale très suivie dénonçait les salaires bloqués, les suppressions de postes, mais aussi l’augmentation des souffrances au travail, voire des suicides.

L’obsession du chiffre d’affaires menace directement la sécurité des voyageurs et des cheminots. Lundi 29 juin, un train de la ligne N en banlieue parisienne a failli entrer en collision avec un autre train entre Trappes et Rambouillet. La veille, la foudre avait totalement détruit une installation en gare de Saint-Quentin, mais la direction de la ligne s’était précipitée pour autoriser la reprise du service commercial.

Castex le sait mieux que tout autre : cette dégradation continuelle, potentiellement catastrophique, est un choix.

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