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Leur société
Université : de plus en plus chère
Le gouvernement a demandé à une poignée de hauts fonctionnaires de trouver des solutions au déficit des universités. Cela n’a pas raté : ils ont proposé de faire payer les étudiants.

Des « assises de l’université » ont émis l’hypothèse révoltante de multiplier par cinq les frais d’inscription, les faisant passer de 178 euros à 900 euros en licence et à 1 300 en master.
Si les finances des universités vont mal, c’est avant tout la responsabilité des gouvernements. Rien qu’entre 2010 et 2022, le nombre d’étudiants en première année a été multiplié par trois, et par deux sur les trois années de licence, mais rien ne suit. Le nombre d’enseignants titulaires n’a pas augmenté et les professeurs contractuels sont moins bien payés. Dans un grand nombre d’universités, les bâtiments vétustes ne sont pas entretenus et les étudiants s’entassent dans des amphithéâtres mal chauffés et inadaptés.
Les universités ont été pensées à une époque où seule une petite minorité accédait aux études supérieures et aucun gouvernement n’a jamais voulu mettre les moyens indispensables pour que tous ceux qui le souhaitent puissent poursuivre leurs études.
La solution préconisée est donc tout sauf une surprise : faire payer les étudiants et leur famille quitte à en pousser certains à s’endetter comme aux États-Unis. Nombre de familles populaires n’ont pas les moyens de mettre chaque année plus de mille euros pour envoyer leur enfant à l’université. Les étudiants de milieu populaire qui travaillent déjà pour pouvoir se nourrir pendant leurs études devront se serrer encore plus la ceinture pour payer leur inscription.
L’un des responsables de ce rapport, un ancien président d’université, Gilles Roussel, prétend que ces nouveaux frais d’inscription sont « modiques ». Et il ose ajouter : « Il nous semble que 900 euros et 1 300 euros sont par nature des montants modérés, dans la mesure où ils sont bien en deçà des droits payés par les étudiants extracommunautaires – qui ont eux-mêmes été considérés comme modérés. » En effet, le gouvernement a déjà imposé aux universités d’appliquer de manière ferme les frais d’inscription pour les étudiants étrangers non européens. Jusqu’à présent, de nombreuses universités les exonéraient de ces frais, ne se résolvant pas à appliquer une mesure de discrimination prônée par l’extrême droite. Les étudiants étrangers devraient désormais payer 2 850 euros l’année pour une licence, et pour un master, 3 879 euros.
C’est toute une leçon : quand le gouvernement s’attaque aux étudiants étrangers, les autres finissent forcément par devoir payer aussi.