Brèves

Ehpad : le Covid-19, un révélateur

Brève
27/03/2020

Dans les Ehpad la situation est en passe de devenir catastrophique, comme dans cet établissement des Vosges où vingt patients sont décédés. Et le plus souvent, les malades n'y sont ni testés ni comptabilisés parmi les victimes du virus.

Avant cette épidémie, les conditions d'accueil des patients étaient déjà mauvaises dans bien des Ehpad, malgré les efforts des salariés. Agents, soignants, animateurs sont en nombre insuffisant et les directions sont bien souvent avant tout préoccupées par le taux de remplissage de leur établissement.

La crise actuelle transforme ces Ehpad en mouroirs pour les résidents, et en enfer pour le personnel. Et ce n'est pas la promesse récente du gouvernement de publier les chiffres de mortalité qui arrêtera cette hécatombe. Elle mesurera en premier lieu l'insuffisance des moyens consacrés à l'accueil de nos anciens.

 

Pétrole : pendant la pandémie, la guerre continue

Brève
27/03/2020

Un des effets de la pandémie, qui ralentit brutalement l'économie mondiale, est l'effondrement du cours du pétrole, tombé à 25 dollar le baril. Cette chute ne résulte pas seulement de la crise actuelle, mais de la guerre que se mènent entre eux les principaux pays producteurs, les États-Unis, la Russie et l'Arabie saoudite, qui refusent de réguler leur production.

Pour des pays dont les revenus dépendent pour une grande partie du pétrole, comme l'Algérie, le Nigéria, le Mexique ou l'Irak, cet effondrement va être dramatique. Il amputera le budget de ces États, au moment-même où ils devraient mobiliser des moyens pour faire face au coronavirus et subventionner des produits de première nécessité.

La guerre contre le virus en cache une autre, qui oppose les grandes compagnies pétrolières entre elles pour s'accaparer une plus grande part du marché.

 

Guadeloupe : coupures d'eau criminelles

Brève
27/03/2020

Face au coronavirus, il est nécessaire de se laver les mains. Mais en Guadeloupe, ce geste élémentaire est un casse-tête dans plusieurs localités. Depuis des mois et même des années, les coupures d'eau font partie du quotidien. Alors aujourd'hui, en contradiction avec les mesures de confinement, les habitants doivent se déplacer vers des points où l'eau arrive : une école, un parc, le long d'une route. Avec l'épidémie, l'incurie, la gabegie des responsables devient dramatiquement criminelle.

État d’urgence… contre les travailleurs

Brève
26/03/2020

Sous couvert d'urgence sanitaire, le gouvernement a adopté des ordonnances qui aggravent les conditions de travail des salariés. Elles prévoient, dans des secteurs d'activité non encore précisés, une modification unilatérale des dates de congés payés, des dérogations à la durée maximale de travail. Les patrons pourront désormais imposer jusqu'à 60 heures de travail par semaine, modifier à leur guise, dans certaines limites, les congés payés, supprimer les repos du dimanche. Cette remise en cause des droits est légalisée jusqu'au 31 décembre prochain, bien au-delà de la durée du confinement prévisible.

On entend déjà les discours sur la nécessité de relever l'économie, autre façon de dire qu'il s'agit de maintenir voire d'accroître les profits des actionnaires et des grands capitalistes. En fait de guerre, ce sont les travailleurs qui vont au front, tandis que nos exploiteurs sont les planqués de l'arrière. Comme à chaque guerre. Alors, il faut préparer la mutinerie générale !

Hirsch sonne faux

Brève
26/03/2020

Sur les ondes, on a pu entendre Martin Hirsch, directeur de l'AP-HP (hôpitaux de Paris), alerter sur la situation dans les hôpitaux. A croire qu'il est arrivé aux commandes tout juste hier. Mais non, il y est depuis plus de six ans. Six années pendant lesquelles le personnel des hôpitaux publics n'a cessé de sonner l'alerte sur le manque de moyens.

Devant ce manque criant de personnel pour faire face à l'épidémie, Hirsch sonne aujourd'hui le tocsin et prend des postures combatives. Il veut faire appel à la réquisition de personnel médical. Après avoir nié les besoins des hôpitaux publics, il brandit la contrainte.

S'il manque aujourd'hui dans les hôpitaux des dizaines de milliers de soignants, formés et connaissant les services, ce sont ceux-là même que Hirsch a refusé d'embaucher toutes ces dernières années. Pire, quand il n'en a pas drastiquement réduit le nombre.

Macron en tenue de campagne : cause toujours !

Brève
26/03/2020

Hier soir, mercredi 25 mars, à Mulhouse, depuis l'hôpital de campagne hâtivement installé, Macron a joué au chef d'état-major demandant des sacrifices nécessaires aujourd'hui pour des lendemains qui chanteront. Il s'est engagé qu'après l'épidémie « un plan massif d'investissement et de revalorisation des carrières sera construit pour notre hôpital ». Pendant des mois et des mois, le personnel hospitalier a dénoncé l'insuffisance de moyens, prévenant que la moindre crise sanitaire serait une catastrophe. Le gouvernement a fait la sourde oreille. Il a même envoyé sa police contre le personnel hospitalier qui manifestait.

Maintenant que la catastrophe est là, il distille des promesses à ce même personnel hospitalier pour qu'il monte au front la fleur au fusil... et en silence.

Ce gouvernement, pas plus que ses prédécesseurs, ne mérite aucune confiance. Pour que ça change demain, les travailleurs doivent s'organiser eux-mêmes dès maintenant.

Macron, capitaine de pédalo

Brève
26/03/2020

Macron a annoncé que deux bateaux de la Marine nationale allaient naviguer, l'un vers Mayotte et La Réunion, l'autre vers les Antilles et la Guyane, pour prêter assistance aux hôpitaux. Oh, comme c'est généreux de la part d'un gouvernement qui a laissé les services hospitaliers des départements d'outre-mer encore plus à l'abandon qu'en métropole !

A Mayotte par exemple, il y a 14 lits d'hôpitaux (contre 60 en métropole) pour 10 000 habitants, et les travaux du CHU en Guadeloupe après l'incendie de 2017 ne sont toujours pas terminés.

L'épidémie n'en est encore qu'à ses débuts aux Antilles, à Mayotte et à La Réunion. Mais encore plus qu'en France continentale, la prétendue mobilisation générale décrétée par Macron sera d'un piètre effet pour les populations délaissées depuis des décennies.

Opération de charité à la télévision

Brève
25/03/2020

France 2 a organisé hier, mardi 24 mars, une émission pour rendre hommage au personnel soignant qui porte secours, au péril de sa santé et de sa vie, aux victimes de l'épidémie, sans oublier les autres. Il mérite sans conteste soutien et hommage.

Ce fut une occasion d'égrener la liste des matériels et des moyens qui font cruellement défaut aux soignants... en relayant l'appel aux dons lancé par la Fondation de France, organisation philanthropique privée qui regroupe entre autres des fleurons du Cac 40 comme BNP Paribas ou Renault.

Mais ce dont les hôpitaux ont besoin en urgence, ce ne sont pas de telles opérations de charité qui font appel à la générosité publique. Ce sont des milliards qui sont versés à fonds perdus au budget des armées ou directement aux capitalistes. Mais à ça, pas touche !

« Voler en grand et restituer en petit, c’est la philanthropie » (Paul Lafargue)

Brève
25/03/2020

Gel hydro alcoolique LVMH

Bernard Arnault a sorti cinq malheureux millions d’euros, pour l’achat de masques, acheminés depuis la Chine. Lors de l’incendie de Notre-Dame, celui dont la fortune dépasse les 100 milliards avait débloqué 200 millions d’euros. Pour comparer, son île privée au Bahamas vaut 35 millions de dollars, son jet privé 52 millions et son yacht « Symphony », avec héliport, piscine à fond transparent et terrain de golf, 130 millions d’euros.

Avec la production de gel hydro-alcoolique dans trois usines du groupe LVMH, Bernard Arnault se paye, finalement pour pas cher, un lifting moral. Le décalage entre son immense fortune et sa « générosité », calculée et mise en scène, est dérisoire. Le multi-milliardaire pleurniche en déclarant « quoi qu’on fasse, on est critiqué ». Pauvre homme… riche !

Imprimer txt