Brèves

Pour sauver le climat : baisser les horaires, augmenter les salaires

Brève
19/06/2020

Les 150 personnes de la « convention climat » ont rendu leurs propositions. Beaucoup d'entre elles relèvent de mesures de bon sens, comme l'idée de mieux isoler les logements ou d'utiliser davantage le train. Mais elles ressemblent aussi à des voeux pieux. Quand il avait mis en place cette convention, suite au mouvement des Gilets jaunes, Macron s'était engagé à soumettre toutes ses propositions « soit à un référendum, soit à un vote au Parlement, soit à une mise en oeuvre directe ». Il est à craindre que celles qui visent à faire payer les plus pauvres, comme l'idée d'un malus pour les véhicules trop polluants, soient rapidement appliquées.

D'autres passeront certainement aux oubliettes... comme celle qui propose de baisser le temps de travail à 28h par semaine, sans diminution de salaire, avec une hausse de 20 % du SMIC. C'est pourtant une mesure écologique de bon sens. Mais pour l'arracher, il faudra un puissant mouvement de révolte.

Au service de l’État ou des industriels : une frontière poreuse

Brève
19/06/2020

Laurent Pellegrin, ex-gendarme, ex-sous-préfet, jusqu'alors haut responsable à la DGSE (les services secrets français), vient d'être nommé vice-président de la branche identité d'Idemia, une entreprise privée qui emploie 14 000 salariés pour produire des systèmes d'identification biométriques. Issue de la fusion en 2017 de la branche identité du groupe Safran et d'Oberthur (une société spécialisée dans les cartes à puce), Idemia développe des méthodes d'identification par empreintes digitales ou par reconnaissance faciale.

Un tel marché, destiné à fliquer la population, est en pleine expansion dans le monde, et la concurrence entre industriels fait rage pour se partager le gâteau. Cet ancien des services secrets va pouvoir mettre à profit son carnet d'adresses au plus haut niveau de l'État. Dans le public ou dans le privé, la continuité des profits et de l'exploitation est assurée.

Taxation des Gafa : c’est sûrement pas pour demain

Brève
19/06/2020

La taxation des géant de l'informatique et du commerce en ligne basés aux États-Unis (les Gafa), tous champions de l'optimisation et de l'évasion fiscale, est l'enjeu de négociations internationales depuis 2013. Dernier rebondissement, l'administration Trump vient d'annoncer qu'elle se retirait des négociations, alors qu'un accord définitif devait être conclu pour octobre prochain.

Le retrait américain est dénoncé par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui déclare que « la France » est bien décidée à faire payer les Gafa. Le feuilleton est loin d'être terminé, d'autant que d'autres pays de l'Union européenne sont très frileux à l'idée de cette taxe.

Ce nouvel épisode d'une série qui n'en finit pas, fournit l'occasion au ministre de l'Économie français de jouer le Zorro tricolore contre des sociétés américaines, en maniant des menaces qui ont tout l'air d'un sabre de bois. Par contre, faire payer des impôts aux sociétés ou aux grandes fortunes bien françaises qui y échappent, cela ne semble pas être dans le scénario du gouvernement français.

Les héros tabassés

Brève
18/06/2020

Farida, 50 ans, infirmière à l'hôpital de Villejuif, a été interpellée brutalement, tirée par les cheveux et placée en garde-à-vue pendant 24 heures pour "rébellion et outrage" lors de la manifestation des hospitaliers à Paris. Pour justifier leurs méthodes, les chefs de la police ont diffusé des images montrant Farida jeter des cailloux contre la police. Ils l'ont présentée comme "une gilet jaune radicalisée".

Comme l'a dit sa fille, Farida est d'abord "une infirmière qui a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. Elle a eu le Covid. Aujourd'hui, elle manifestait pour qu'on revalorise son salaire, qu'on reconnaisse son travail." Devant la fin de non-recevoir de Macron, devant son mépris pour les soignants, oubliés aussitôt la crise sanitaire passée, il y a de quoi laisser déborder sa colère.

Une colère partagée par des millions de travailleurs et qu'il faut exprimer ensemble, toutes corporations rassemblées contre les vrais responsables, le patronat et le gouvernement.

Le crash des emplois à l’horizon.

Brève
18/06/2020

Malgré les milliards d'argent public versés à l'aéronautique et en particulier à Air France, son Pdg vient d'annoncer la suppression de 8 300 postes. Les commentateurs annoncent sans rire que c'est moins pire qu'ailleurs : Lufthansa en annonce 22 000 et British Airways 12 000. Outre qu'elles sont indécentes, ces comparaisons sont tendancieuses.

Pour faire avaler la pilule, la direction d'Air France prétend que la saignée sera indolore pour les salariés car il n'y aura aucun licenciement sec. Mais chacune de ces suppressions se traduira par des jeunes non embauchés, des sous-traitants et des prestataires touchés de plein fouet, du travail en plus pour ceux qui restent.

S'il y a moins de travail, dans l'aéronautique comme dans tous les secteurs, les travailleurs n'ont pas à payer les pots cassés de la crise. Pour sauver leur peau, ils doivent imposer que l'on répartisse le travail entre tous sans perte de salaire. Les milliards versés par l'État doivent sauver les emplois, pas les actionnaires.

Général en campagne

Brève
18/06/2020

L'armée française au Sahel

Le général Thierry Burkhard, chef d'état-major de l'armée de terre, réclame de nouveaux joujoux : armes cyber, drones, canons, chars... Il prétend que l'Europe est actuellement « cernée par la militarisation sans complexe du monde » et qu'avec les tensions qui s'aggravent, une guerre "État contre État" redevient envisageable.

Depuis des décennies, la défense des intérêts des capitalistes français passe par des opérations militaires dites "asymétriques", en Afrique ou au Moyen-Orient, contre des guérillas ou des bandes plus ou moins bien armées. Chacune de ces interventions a aggravé le chaos et l'instabilité du monde.

Pour y faire face, ce gradé en chef des pompiers pyromanes réclame aujourd'hui de nouveaux moyens. À coup sûr, si on ne le renverse pas, l'impérialisme nous emmène vers une nouvelle guerre qu'elle soit localisée, voire même mondiale.

Misère de l’hôpital psychiatrique

Brève
18/06/2020

La contrôleuse des lieux de privation des libertés, Adeline Hazan, a rendu un rapport sur la situation dans les hôpitaux psychiatriques qui dénonce le fait que des patients se retrouvent trop nombreux à l'isolement, attachés ou soumis à des équipements de contention. Le rapport se défend d'être une attaque contre les personnels, mais il fait l'impasse sur l'essentiel : l'effondrement du nombre de lits en psychiatrie, passé de 170 000 en 1970 à 50 000 en 1999.

Les travailleurs de la psychiatrie étaient présents en nombre dans les manifestations du 16 juin pour dénoncer les conditions d'accueil et de soin indignes et exiger des moyens et des embauches. L'hôpital psychiatrique est le miroir de la folie de la société capitaliste et de l'abandon dans lequel se retrouvent toutes les activités utiles qui ne rapportent pas d'argent. Ce rapport le rappelle à sa façon mais on peut parier qu'il finira, comme tant d'autres, aux oubliettes.

 

Affrontements de Dijon : ne pas se laisser aveugler par la fumée

Brève
17/06/2020

Ce qui est grave dans les affrontements survenus dans le quartier des Grésilles à Dijon, ce n'est pas le prétendu "affaiblissement de l'État républicain" dénoncé par les politiciens de droite ou d'extrême droite. Ce qui est grave, c'est qu'ils concernent un quartier populaire et qu'ils opposent les habitants sur des bases communautaires. S'il est bien difficile de démêler l'origine des violences, l'appauvrissement d'un quartier comme celui-ci et le poids grandissant du chômage, contribuent au développement des trafics et des bandes rivales comme celles qui se sont affrontées.

Le Pen et les autres utilisent et encouragent les divisions entre pauvres pour gagner des voix lors des futures élections. Ils n'ont que faire de la vie des habitants des quartiers. Ils n'ont évidemment aucune solution à proposer sinon de faire monter la tension.

La fumée qui se dégage autour des événements de Dijon est très toxique pour les familles populaires et pour les travailleurs auxquels ces divisions communautaristes n'offrent aucune perspective. Le seul avenir qui ouvre de l'espoir est que les exploités s'organisent tous ensemble pour combattre le système qui fabrique la misère.

Trou de la Sécu : le retour

Brève
17/06/2020

La Sécurité sociale estime que le déficit de l'assurance maladie dépasserait en 2020 les 31 milliards d'euros. Cette annonce tombe, et ce n'est pas forcément un hasard, au moment où les travailleurs de la santé manifestent et revendiquent des embauches et l'augmentation des salaires.

Avec la crise économique, la Sécu sert de vache à lait pour subventionner le patronat. Ce déficit est la conséquence des centaines de milliers de licenciements de travailleurs avec les pertes de cotisations qu'ils impliquent. Il résulte aussi des cadeaux du gouvernement au patronat : reports et exonérations de cotisations sociales, recours massif au chômage partiel... Le déficit de la Sécu, tout comme l'explosion de la dette de l'État, les travailleurs n'y sont pour rien. C'est pourtant à eux que gouvernement et patronat s'apprêtent à présenter la note. Il n'y a aucune raison de l'accepter.

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