Le 10 décembre et après, tous dans la lutte !08/12/20192019Éditorial/medias/editorial/images/2019/12/49177254083_05bdea5a99_k.jpg.420x236_q85_box-0%2C188%2C2000%2C1312_crop_detail.jpg

Editorial

Le 10 décembre et après, tous dans la lutte !

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Dans la manifestation parisienne du 5 décembre 2019

Le gouvernement voulait que l’on s’exprime sur la réforme des retraites. Il a eu la seule réponse qu’il méritait : l’entrée en lutte des travailleurs ! Avec les manifestations massives dans tout le pays et les grèves records à la SNCF, à la RATP et dans l’Éducation, le 5 décembre a été une démonstration de force du monde du travail.

Cette journée a été un succès parce qu’elle a mobilisé toutes les catégories de salariés : travailleurs du transport et enseignants, pompiers, ambulanciers, hospitaliers, et de nombreux salariés du privé. Venus parfois seuls, à dix, vingt ou en cortège, bien des salariés du privé ont répondu présent.

Travailleurs du privé ou du public, des petites ou grandes entreprises du commerce, de la métallurgie, de l’agroalimentaire, de la chimie ou de l’automobile… nous avons exprimé la nécessité de nous battre ensemble. Parce que nous sommes tous attaqués par cette réforme des retraites qui nous forcera à travailler plus longtemps pour des pensions plus faibles. Et parce que nous sommes animés d’une même colère. Eh bien, il faut continuer !

La réforme des retraites est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. C’est la mesure de trop qui s’ajoute aux salaires bloqués, aux primes rognées, aux sous-effectifs et aux menaces de licenciement. Et nous sommes tous logés à la même enseigne ! Les pressions au travail, les cadences et les réorganisations incessantes, la politique du chiffre, nous les subissons chez Michelin comme dans les hôpitaux, dans les centres d’appels comme dans l’Éducation, chez Amazon comme à la SNCF ou à la RATP.

Que l’on travaille dans le public ou dans le privé, l’heure n’est plus aux corporatismes. Le gouvernement et les journalistes aux ordres présentent les cheminots comme des privilégiés, le conducteur de bus RATP comme un nanti par rapport à celui du Havre. À ce jeu-là, nous sommes tous perdants parce que chacun trouvera toujours plus mal payé et plus exploité que lui. Le CDI serait prétendument privilégié par rapport au CDD, le CDD privilégié par rapport au chômeur, et ainsi de suite…

Refusons ce chantage et défendons ensemble nos intérêts communs. Ensemble, une victoire est possible !

Prenons l’argent pour les retraites, les salaires, les emplois et les services publics là où il est : du côté des vrais privilégiés, parmi les banquiers amis de Macron, parmi les actionnaires du CAC 40, parmi tous ceux qui ne se posent pas le problème de leur retraite ou de leurs fins de mois parce qu’ils sont richissimes, parmi ces vrais privilégiés que le gouvernement arrose de cadeaux.

Le gouvernement est sous pression. Il ne veut pas d’un mouvement qui s’amplifie et il a déjà entrepris les grandes manœuvres de déminage.

Après avoir répété « nous irons jusqu’au bout » il dit maintenant « je vous ai compris » et il passe la main dans le dos des directions syndicales, pour les entraîner dans un dialogue social destiné à éteindre la contestation qui monte.

Alors que les salaires des fonctionnaires sont bloqués depuis près de dix ans, le gouvernement promet soudain des augmentations aux enseignants. Mais ce gouvernement qui détruit systématiquement les droits des travailleurs et ne cesse de dire qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses publiques ne s’est pas transformé en Père Noël !

Pour démobiliser les grévistes, le premier ministre Édouard Philippe, pourrait jouer sur la date de mise en œuvre de la réforme. Autrement dit, ceux qui font grève ne seraient pas concernés… mais leurs enfants le seraient ! Mais qui souhaiterait pour ses enfants une vie pire que celle qu’il a eue ? Et c’est ce gouvernement qui ose nous faire des leçons de morale sur la solidarité !

Cette semaine va être décisive. La journée du 5 décembre donne une idée de l’immense force collective dont nous disposons. Elle a encouragé ceux qui ne se sentent pas encore de se lancer dans une grève reconductible, ainsi que ceux qui ont franchi le pas et se sont engagés dans le bras de fer. Si les grèves se multiplient et se renforcent, si de nouveaux manifestants battent le pavé, le gouvernement peut reculer comme Juppé a dû le faire en 1995.

Alors, mardi, soyons le plus nombreux possible en grève et dans la rue. Et mercredi et après, poursuivons le combat jusqu’au retrait de la réforme Macron-Philippe !

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