Votons Lutte ouvrière pour faire entendre le camp des travailleurs

Editorial des bulletins d'entreprise
07/06/2021

C’est la sortie du confinement et, pour le gouvernement, il faudrait que tout reprenne comme avant. S’il y a bien quelque chose qui ressemble au monde d’avant, ce sont ces élections où on voit le petit univers des partis politiques de la bourgeoisie essayer de reprendre sa place comme si de rien n’était.

Mais il y a eu une épidémie mondiale avec des millions de morts, et il y a la crise avec des millions de chômeurs en plus. Et dans les consciences, les choses ne sont pas comme avant. Le gouvernement a géré la crise sanitaire en mentant à la population et en faisant passer les intérêts des entreprises, c’est-à-dire des actionnaires, avant la santé des travailleurs. Ça s’est vu. Il y a eu une série d’évènements que les travailleurs ne sont pas près d’oublier, de la pénurie des masques à celle des vaccins ou encore, tout récemment, la panne des numéros d’appel d’urgence.

Pendant toute une nuit, 10 à 20 % des appels au Samu, aux pompiers ou à Police secours ont été bloqués. À cause de cela, en Vendée, un enfant de 28 mois n’a pu être sauvé à temps. En Bretagne, un homme de 63 ans a dû être emmené par sa femme aux urgences où il est décédé. Sur l’île de La Réunion, deux autres décès seraient liés à la panne.

C’est l’opérateur Orange, l’ex-France Telecom, qui est responsable. En tant qu’opérateur historique, il a la charge de ces appels. Quand un numéro d’urgence est composé, des équipements d’Orange prennent automatiquement la communication et la redirigent vers le centre de secours le plus proche.

Or, les équipements concernés fonctionnent sur la base d’une vieille technologie cuivre qui a récemment laissé des clients sans communication pendant des semaines. Suite à ce scandale, Orange a dû annoncer un « plan cuivre » de 10 millions d’euros. Comparé aux milliards d’euros dépensés par ces opérateurs pour obtenir les licences de la 5G, cela montre qu’Orange ne s’est pas soucié de la maintenance de cette vieille technologie dont il veut se débarrasser.

Pourtant, les télécommunications étaient une entreprise d’État réputée moderne, même en comparaison de ce qui existait dans les autres pays riches. Mais elle a été dépecée pour que SFR, Bouygues, Orange ou Free se partagent les marchés d’internet et des téléphones mobiles. Ils en ont fait une jungle où ils accumulent des milliards d’euros de bénéfices chaque année, en imposant des tarifs exorbitants, tout en se déchargeant de la maintenance sur des cascades de sous-traitants ne se sentant plus responsables de rien.

Le gouvernement a fait tout un cinéma. Macron a fait part de sa préoccupation. Castex a dit qu’il faudrait tirer toutes les conséquences. Darmanin a déploré des dysfonctionnements graves et inacceptables et a convoqué le PDG d’Orange. Comme si l’État n’était pas l’actionnaire principal de cet opérateur ! Et comme si ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé n’étaient pas responsables de la dégradation dans ce secteur !

C’est une défaillance de plus venant après toutes celles des autorités dans la gestion de la pandémie. Cela a accru la méfiance envers le gouvernement et l’État. Il faut que cette méfiance s’exprime et qu’il soit clair que le désaveu vient des travailleurs. Les élections régionales en donnent l’occasion.

Les travailleurs doivent faire entendre la voix de leur camp, de leur classe sociale. Ils doivent protester contre la dégradation des services qui devraient être publics (hôpitaux, transports, équipements collectifs) et mettre en avant leurs revendications de classe. Un vote ne changera pas à lui seul leur sort. Pour cela, il faudra des luttes sociales explosives et déterminées. Mais une élection peut permettre de faire connaître un programme correspondant aux intérêts matériels et politiques du monde ouvrier.

Contre le chômage, il faut répartir le travail entre tous sans diminution de salaire.

Contre l’inflation, il faut augmenter les salaires et les pensions, et les indexer sur le coût de la vie.

Contre la domination capitaliste et la loi du profit, il faut que les travailleurs imposent leur contrôle sur l’économie.

Ils sont à la base de tout le fonctionnement de la société et sont les seuls qui peuvent la diriger dans l’intérêt de la collectivité. Les travailleurs qui voteront pour les listes Lutte ouvrière montreront qu’ils ne se laissent pas tromper par les discours des partis bourgeois. Ils exprimeront leur accord avec ces mesures de bon sens. Ce geste sera un gage pour l’avenir, pour que la classe ouvrière les impose elle-même par sa propre mobilisation.