Grenoble (Isère) :  Catherine Brun, une femme révoltée contre les injustices et le capitalisme

Article de presse
13/03/2020

Catherine Brun en compagnie d’une habitant et militante du quartier Villeneuve © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

À 62 ans, Catherine Brun, tête de la liste Lutte ouvrière, se présente pour la troisième fois aux élections municipales à Grenoble. Dans son appartement, à la Villeneuve, cette femme entière et dévouée au camp des travailleurs  nous reçoit pour expliquer son parcours et son engagement.

Avec ses cheveux courts, on lui prêterait volontiers une certaine ressemblance avec Arlette Laguiller. Et quand elle s’enflamme contre le capitalisme – ce qui lui arrive tôt ou tard, que ce soit en meeting ou face à son interlocuteur – on croirait entendre le même « flow » que celui de l’ex leader charismatique de LO, ou de Nathalie Arthaud qui tient désormais les rênes du parti. La filiation idéologique, entre ces trois femmes, ne fait du reste aucun doute.

Dans ces municipales, Catherine Brun se considère comme une candidate qui « tranche » par ses idées. Le seul message qu’elle tient à faire passer à l’occasion de ces élections est celui que porte, sans relâche, son parti.

« Il faut attaquer le pouvoir des capitalistes à la racine […], martèle Catherine Brun, ll faut que les travailleurs prennent les commandes et qu’ils exproprient cette classe de parasites multimilliardaires. Il faut renverser la bourgeoisie. Tout ce qu’on pourra arracher, il faudra le faire par des luttes déterminées, conscientes et explosives de ce monde du travail », déroule-t-elle, avec force et conviction.

« Ce monde ne changera pas par un bulletin de vote » assure Catherine brun

À la différence de tous les autres candidats et de « leurs promesses plus mensongères que démagogiques les unes que les autres », Catherine Brun est persuadée de tenir un discours de vérité, touchant le cœur du problème.

« Ce monde ne changera pas par un bulletin de vote à l’échelle de la municipalité (…) », affirme-t-elle. « La préoccupation des gens, ce n’est pas d’avoir plus d’arbres, ironise la militante LO, raillant « tous ces programmes qui se repeignent en vert ».

« La préoccupation des gens, reprend-elle, c’est le chômage, c’est le logement, c’est la précarité… J’entends beaucoup de personnes me dire : “Je suis obligé(e) de bosser les week-ends, sinon je n’y arrive pas”, “J’ai toujours peur d’être licencié(e)”. Voilà c’est de cela qu’on discute aujourd’hui dans la campagne ! » C’est peu dire que ce bout de femme dégage de l’énergie et de la pugnacité. Et force est de constater que la militante ne se contente pas de mots. Elle agit également au quotidien.

Terreau militant et féministe

Née à Bourg-en-Bresse dans l’Ain, Catherine Brun est la deuxième fille d’un couple d’instituteurs. Le goût des luttes et des combats lui vient de sa mère, une pionnière du mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC).

« J’ai le souvenir de ce combat qu’elle a mené. Mon père était avec elle entièrement à ses côtés », tient-elle à préciser. Chez elle, se tenaient des réunions, « quasi clandestines », avec des médecins pour parler de tous ces sujets.

C’est encore une femme, sa grand-mère maternelle, qui façonne sa vie sur le plan personnel et comme militante. Abandonnée par son mari, l’employée de bureau peine à joindre les deux bouts et doit élever seule ses deux enfants. « Elle a toujours été fondamentalement généreuse, toujours prête à aider les autres », se remémore Catherine Brun, emplie d’admiration.

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