Vaulx-en-Velin (Rhône) :  Lutte ouvrière veut faire entendre une voix différente à gauche

Article de presse
11/03/2020

Le parti des travailleurs a œuvré discrètement en début de campagne pour présenter des listes sur tous les arrondissements de Lyon et dans les 14 circonscriptions de la Métropole de Lyon. Une démonstration de force qui s’accompagne d’une présence dans plusieurs villes, dont Vaulx-en-Velin.

« Ce sont les capitalistes qui doivent payer »

Tout un symbole que de composer une liste sur cette commune ouvrière, où le taux de pauvreté atteignait 31,8 % en 2018.

Aux yeux de la tête de liste Thomas Spreux, instituteur dans le quartier du Pont-des-Planches, il était impensable de rejoindre la liste de gauche conduite par Ange Vidal, militante soutenue La France insoumise, le PCF etc. « Je ne fais pas campagne contre elle, mais sa liste ne s’adresse pas spécifiquement aux travailleurs. On ne revendique pas non plus de ce qu’a pu faire la gauche qui, élue, a accepté le pouvoir des riches  ».

D’ailleurs, l’ex-candidat aux législatives de 2017 n’hésite pas à marquer sa distance vis-à-vis de ses collègues de gauche, comme la maire du 1er arrondissement soutenue par les insoumis, Nathalie Perrin-Gilbert. « Concernant la gratuité des transports que proposent d’autres listes, nous sommes les seuls à dire que cela ne doit pas être financé avec l’argent des impôts. Ce sont les capitalistes qui doivent payer. » Pas question, donc, de fusionner les listes si LO atteint les 5 % nécessaires pour le faire. « Personne ne défendra nos idées à notre place. »

« La Métropole, en revanche, c’est une machine qui gère beaucoup d’argent public »

La commune a beau concentrer les foyers modestes, seulement 2,5 % de ses habitants s’était tournée vers Lutte ouvrière en 2014. Mais à la faveur de cette double-élection unique en France, Thomas Spreux, également tête de liste aux métropolitaines sur la circonscription Rhône Amont, peut tenter de mobiliser les indécis sur un nouveau thème : l’éloignement des élus métropolitains.

« Les élus municipaux peuvent rester dans la proximité. Mais la Métropole, en revanche, c’est une machine qui gère beaucoup d’argent public et fait des cadeaux aux grandes entreprises, à des groupes comme Eiffage ou Vinci. Au conseil métropolitain, nos élus pourraient dénoncer les mauvais coups faits dans le dos des travailleurs.  »

L’intérêt croissant des citoyens pour les questions écologiques n’a pas non plus échappé à Thomas Spreux et ses co-listiers. Mais le candidat défend une approche plus globale de ces questions. « Ce sont des enjeux mondiaux liés au capitalisme qui ravage la planète en organisant la concurrence entre de grands groupes qui produisent bien plus que les besoins. Ceux qui se revendiquent de l’écologie ne s’opposent pas à ces groupes quand ils arrivent au pouvoir. Ils se contentent de faire la morale aux plus modestes qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler  », estime-t-il, prônant le contrôle de la production par les travailleurs. « Ce sont les mieux placés.  »

Élus et porte-voix

Raviver la rhétorique des classes sociales : cette vision est assumée par Lutte ouvrière qui admet que ses élus potentiels ne seront pas comme les autres. D’abord, les listes doivent représenter « le monde du travail dans sa diversité  » pour contre-balancer les « listes de notables, de chefs d’entreprises. C’est déjà un programme en soi que l’on est fier de présenter. » À Vaulx-en-Velin, le professeur des écoles distribue ses tracts avec des « comptables, des ouvriers, des assistants de vie scolaire, des vendeurs…  » qui, s’ils venaient à siéger, seraient des « porte-voix  ».

Le rôle d’un conseiller municipal ou métropolitain estampillé LO serait tout aussi singulier. « Nous voulons nous battre auprès des travailleurs qui le souhaitent pour que les richesses servent les besoins de la population. Les élections ne suffiront jamais à changer cela. »

Elise CAPOGNA

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