Élections municipales, Catherine Brun défendra les couleurs de Lutte Ouvrière à Grenoble :  « Partout où ils sont, mes camarades relèvent la tête »

Article de presse
21/02/2020

Catherine Brun est engagée pour la troisième fois sous le drapeau Lutte Ouvrière à Grenoble lors des municipales du mois de mars. Photo Le DL /Benoît LAGNEUX

Après 2008 et 2014, Catherine Brun revient dans la campagne municipale, toujours sous l'étiquette Lutte Ouvrière. En espérant profiter du climat social actuel.

Et de trois. Le 15 mars prochain, Catherine Brun viendra se présenter devant les électeurs une troisième fois. Après 2008 (1,43 % au premier tour) et 2014 (1,19 %), la revoilà dans le bain des municipales. Avec une ligne directrice. Celle de la lutte, du combat face au capitalisme. « Ces élections vont permettre de faire entendre la colère. La colère du monde du travail qui s’exprime depuis des semaines. Je suis en grève moi aussi et c’est dans cette perspective que nous nous présentons », assure la professeure d’histoire-géographie dans un collège échirollois. Et qui vit à la Villeneuve.

Liste déposée, anticapitalisme assumé

« Nous sommes dans un contexte de crise économique profonde, à deux doigts d’un krach financier et c’est dans ce contexte que cette politique anti-ouvrière s’exprime. Dans cette élection, on va dire que c’est l’ensemble du système capitaliste qu’il va falloir renverser, il va falloir exproprier ces capitalistes, leur enlever leur pouvoir économique. Et avec ces élections, on va permettre aux travailleurs d’exprimer ces idées-là. »

Sa liste a été déposée en fin de semaine à la préfecture, mais elle n’a pas encore été dévoilée. Qui est à l’intérieur ? « Des ouvriers, des gens de toutes couleurs, de toutes origines. Il y a des retraités, des gens qui ont passé toute une vie à être exploités, il y a des travailleurs du bâtiment, de l’hôpital, des enseignants… Moi, je suis la porte-parole de tous mes camarades car partout où ils sont, ils relèvent la tête et ils ne se résignent pas. »

« Cette loi est faite pour les plus riches, pas pour la majorité des gens »

Dans ses propos, le niveau national prévaut, sans toutefois oublier l’aspect municipal. « Est-ce qu’un maire peut s’opposer à la privatisation de la clinique mutualiste ? Un maire peut-il empêcher les licenciements à Auchan, la fermeture de bureaux de poste ? Sur ces problèmes concrets, les maires n’ont pas de pouvoir », assure-t-elle. « Mais on est convaincu que les élections sont une manière de s’exprimer collectivement, c’est une façon de s’organiser à l’échelle locale. » Avec cet esprit des luttes en toile de fond. « Il y a beaucoup de jeunes qui voient bien que les grandes perspectives de la droite et de la gauche, elles n’ont rien donné. On a rencontré beaucoup de travailleurs qui n’étaient même plus inscrits sur les listes tellement ils en avaient assez de ces scrutins qui ne changeaient rien à leur sort. Ils se sont réinscrits pour pouvoir voter pour nous. »

Pas question de parler de deuxième tour. De consigne de vote. Devant la Bourse du travail, face à la fresque rénovée d’Ernest Pignon-Ernest, engagé dans les luttes sociales, Catherine Brun assume ses idéaux : « Oui, on s’attaquera au profit, oui on nous dira qu’on est hors la loi. Mais cette loi est faite pour les plus riches, elle n’est pas faite pour la majorité des gens. »

Portée par le mouvement social autour de la réforme des retraites qui dure depuis plus de deux mois, sa troisième bataille municipale commence.

Benoit LAGNEUX

© Le Dauphiné libéré (21/02/2020) - Droits de reproduction et de diffusion réservés

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