Saint-Étienne | Élections municipales :  Romain Brossard candidat pour Lutte ouvrière (LO) : «Il est temps que le monde du travail relève la tête»

Article de presse
12/12/2019

Romain Brossard : « Plus notre liste aura de voix, plus cela nous encouragera pour les luttes futures. » Photo Progrès /Denis BRET

Seules Saint-Chamond et Saint-Etienne compteront un candidat Lutte ouvrière dans la Loire. Ici, ce sera Romain Brossard. Avec un seul credo : la défense des travailleurs.

Serez-vous tête de liste Lutte ouvrière pour les prochaines élections municipales ?

Oui, ce sera moi à nouveau. C’est la deuxième fois que je défendrai nos idées, c’est-à-dire le camp des travailleurs.

La constitution d’une liste a-t-elle été difficile ?

La liste n’est pas tout à fait bouclée mais elle le sera. Ce n’est pas forcément très simple pour un parti comme le nôtre. Elle sera constituée d’hommes et de femmes qui sont travailleurs, chômeurs, retraités… Il n’y aura pas de politiciens ou de notables. Il n’y aura que des gens qui vivent la vie de tout le monde. C’est déjà une chose importante de pouvoir présenter une liste pour les travailleurs qui en ont marre de prendre des coups de la part du patronat. Notre but est de peser et de montrer qu’il existe bel et bien un courant du monde du travail, peut-être minoritaire, qui ne se résigne pas face aux attaques du grand patronat et du gouvernement. Il est temps que le monde du travail relève la tête et rentre dans la lutte.

Avez-vous été tentés de faire alliance avec d’autres candidats et avez-vous été approchés ?

On a été légèrement approchés mais nous n’avons pas cette volonté de partir avec d’autres. Toutes les listes déjà connues défendent le capitalisme et l’ordre social existant. Nous, on représente ceux qui veulent lutter contre cela.

Même La France insoumise ne trouve pas grâce à vos yeux ?

Bien qu’on se retrouve sur des combats communs, nos perspectives sont assez différentes. Le parti de Jean-Luc Mélenchon se pose dans la perspective d’une élection qui élirait un bon gouvernement ou un bon maire qui pourrait changer les choses. Nous, on ne le pense pas. Le problème des travailleurs n’est pas celui-ci. Les maires ont peu de pouvoir et les dotations de l’État sont en baisse. Par ailleurs, le préfet peut aller à l’encontre des décisions des maires comme à Burdignes avec l'arrêté anti-pesticides. Nous, on ne dit pas, si je deviens maire, ça sera mieux.

Qui a dit en 2017 : « Comment peut-on accepter aujourd’hui que des infirmières ou aides-soignantes par exemple soient complètement débordées alors qu’il y a encore des millions de chômeurs ? »

C’est moi (après un temps d’hésitation, NDLR). Mais en période électorale, n’importe qui pourrait le dire même sans le penser. Moi, c’est exactement ce que je pense. Cette phrase, je la signe et la re-signe puisqu’elle est encore plus d’actualité aujourd’hui. Les aides-soignants et les infirmiers sont en bagarre et, aujourd’hui, ça se sait. C’est aussi vrai dans les usines avec des cadences infernales, mais aussi pour les enseignants ou encore les pompiers. Cela montre l’absurdité de ce système capitaliste qui met des millions de gens au chômage et qui place les travailleurs dans des conditions toujours plus délirantes.

Vos propos sont très nationaux. Comment les appliquer localement ?

Mon propos est national et même international. Ce qu’on dénonce est valable dans le monde entier et des révoltes explosent d’ailleurs un peu partout. Saint-Etienne n’est pas une bulle. Elle subit ce capitalisme. Avec un taux de chômage de plus de 20 %, en comptant toutes les personnes qui ne sont pas en activité, et près de 25 % de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, ça résonne particulièrement ici. On ne va pas faire semblant d’expliquer qu’il y a une solution locale à cette crise liée au capitalisme. Il faut que les travailleurs contestent le pouvoir de la finance et des grands actionnaires sur l’économie. Il faut qu’on combatte ça. Les travailleurs en ont les moyens parce que rien ne tourne sans eux.

Quelle est votre ambition pour cette élection ?

Le score est important même si on ne le chiffre pas. Plus notre liste aura de voix, plus cela nous encouragera pour les luttes futures. Cela démontrera qu’on est de plus en plus nombreux à rendre les coups.

Quels seront les axes forts de votre programme ?

On ne va pas faire des promesses électorales. Le seul engagement, c’est que, si on est élu, on regardera systématiquement dans toutes les décisions ce qui va dans le sens des classes populaires. Et on sera indéfectiblement au côté des travailleurs en lutte.

Sophie ALBANESI et Denis BRET

« Voter RN, c’est se tirer une balle dans le pied »

« Les candidats face à moi pour cette élection municipale sont tous du même côté, évidemment chacun à leur manière. Et dans des partis qui ont tous été au pouvoir ces dernières années. C’est vrai qu’on peut se retrouver sur des mobilisations communes avec par exemple Pierrick Courbon (PS) ou Olivier Longeon (EELV), mais, fondamentalement, je vois le bilan de la politique qu’ont menée leurs partis. Sophie Robert (RN) fait hélas partie des principaux candidats. Le Rassemblement national est un défenseur acharné de l’ordre social mais de façon à diviser les travailleurs en pointant du doigt les immigrés. La démagogie lepéniste a un certain écho, y compris dans le monde des travailleurs, mais voter RN, c’est se tirer une balle dans le pied. »

Bio express

Né le 14 avril 1977 à Nevers, en Bourgogne, il est enseignant au lycée Fauriel de Saint-Etienne depuis douze ans.

« Révolté par la misère et les inégalités », selon ses propres dires, il s’engage à 18 ans à Lutte ouvrière. La même année, il s’engage dans le mouvement social de novembre-décembre 1995 qui, suite à une grève générale de plusieurs semaines, fera reculer le gouvernement dans son projet de réforme de la Sécurité sociale et des retraites.

Romain Brossard s’est présenté à diverses élections et a conduit la liste Lutte ouvrière lors des municipales de 2014 où il obtient 1,63 % des suffrages.

 

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