Elections municipales - Saint-Etienne :  Un candidat, deux photos

Article de presse
09/01/2020

Nous avons sélectionné une photo pour chaque candidat aux municipales, que nous leur avons demandé de commenter. Ils ont ensuite choisi eux-mêmes un cliché qui a une signification particulière pour eux. Aujourd’hui, Romain Brossard (Lutte ouvrière).

Romain Brossard : « Cette photo montre la nécessité de faire entendre notre voix »

Romain Brossard, sur le terrain, en 2012, année présidentielle. Photo Progrès/Muriel Catalano

Il est sur le terrain. Son journal de campagne sous le bras. Il échange, essaie de convaincre, d’argumenter. Autour de lui, des immeubles. Nous sommes en 2012, année présidentielle, et Romain Brossard est à la tâche, comme souvent.

« Sur cette photo que vous avez choisie, on me voit discutant avec une dame sur le marché de Montreynaud. C’était pendant une campagne électorale mais elle aurait pu être prise à un autre moment.

En effet, nous, à Lutte ouvrière, n’attendons pas les élections pour aller au-devant des travailleurs, sur les marchés, dans les quartiers, devant les entreprises pour discuter de la situation politique, de nos intérêts collectifs et de la nécessité de faire entendre notre voix », expose le candidat aux municipales qui profite de la photo pour parler d’une figure de son parti.

 « Arlette Laguiller a gagné l’estime de plusieurs générations »

« Sur le journal Lutte ouvrière, que je tiens à la main, on peut lire "le journal d’Arlette Laguiller", en référence à celle qui fut notre candidate à de nombreuses élections, d’ailleurs première femme en France candidate à une élection présidentielle. Arlette Laguiller a gagné l’estime de plusieurs générations pour avoir représenté "le camp des travailleurs" sans jamais trahir ses convictions pour un poste quelconque et en dénonçant clairement les calculs politiciens des uns et des autres », explique-t-il, avant de poursuivre la lecture de l’image.

 « On peut lire encore "Prolétaires de tous les pays, unissons-nous", la devise du mouvement ouvrier depuis l’époque de Marx et Engels. La lutte actuelle contre la violente attaque que représente la réforme des retraites montre que la société est toujours divisée en deux camps.

D’un côté, les grands groupes du CAC 40, les grands actionnaires, la finance et tous leurs relais au sein de l’État ou sur les plateaux télés.

De l’autre, le camp de ceux qui font marcher toute l’économie mais qui n’arrivent plus à vivre dignement avec des salaires ou des pensions trop faibles pendant que l’argent coule à flots au sommet de la société », estime Romain Brossard, qui conclut : « La liste Lutte ouvrière est là pour affirmer que tant qu’il y aura des inégalités et de l’exploitation, il y aura des femmes et des hommes pour se dresser contre. »

Sa photo à lui : « Sans les travailleurs, rien ne fonctionne »

 « Cette photo – qui date d’une précédente grève – est celle d’une assemblée générale de cheminots, les fers de lance du mouvement contre la réforme des retraites », explique Romain Brossard. Photo Progrès /Photo Charly Jurine choisie par Romain Brossard

Pourquoi le cacher, lorsque nous avons soumis l’idée de participer à notre rubrique, nous n’étions vraiment pas certains que Romain Brossard accepterait l’idée. Car le combat du candidat est avant tout collectif. Et le simple fait de se mettre en avant pose question au candidat.

La photo choisie par Romain Brossard est donc sans surprise. Elle représente des cheminots en grève et lui permet de dire tout le mal qu’il pense de la réforme des retraites. À l’heure où les hommes et les femmes politiques usent de l’image, commentent le moindre de leur geste sur les réseaux sociaux, le candidat de Lutte ouvrière préfère rester dans l’ombre. Afin de mettre en lumière ses idées et ses combats.

« La classe ouvrière est capable de se battre »

« Cette photo – qui date d’une précédente grève – est celle d’une assemblée générale de cheminots les fers de lance du mouvement contre la réforme des retraites. Malgré toutes les calomnies gouvernementales, il n’y a eu aucune trêve de Noël dans ce combat. Les grévistes démontrent qu’ils sont déterminés, que la classe ouvrière est capable de se battre. Cette démonstration des cheminots a le soutien des millions de travailleurs, de femmes et d’hommes qui se reconnaissent dans leur combat et qui ne se trompent pas de camp. Ce camp, c’est celui des travailleurs », estime Romain Brossard.

« La grève actuelle démontre aussi que sans les travailleurs, rien ne fonctionne, poursuit-il. Et lorsqu’ils luttent, plus rien ne marche : plus de train ou de métro, peut-être bientôt plus d’essence… Et, comme on le voit sur cette photo, les grèves sont aussi un moment où les travailleurs apprennent à s’organiser, à décider ensemble des suites de la grève. Elles sont un moment où tous ceux à qui on explique chaque jour qu’ils ne sont bons qu’à travailler, obéir et se taire, prennent en main leur avenir.

C’est donc une préfiguration de ce que nous, à Lutte ouvrière, défendons pour l’avenir : une société où ce sont les travailleurs qui décident collectivement, et non une poignée de capitalistes pour leurs seuls profits. »

 

Denis BRET

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