QUETIGNY  :  Nathalie Arthaud encourage «une révolution sociale» à la fête régionale de Lutte Ouvrière

Article de presse
12/11/2018

La porte-parole de Lutte Ouvrière était attendue ce dimanche à Quetigny pour prendre la parole à l’occasion de la fête régionale du parti d'extrême-gauche ce dimanche au gymnase Mendès France à Quetigny. Bien au-delà du 17 novembre qui approche, il a tenu à recentrer toutes les forces sur les travailleurs, en les encourageant à la révolution sociale. Jour du 11 novembre, jour du centenaire de la commémoration de l’armistice de la guerre 14-18, la porte-parole de Lutte Ouvrière n’est évidemment pas venue à la fête régionale du parti politique d'extrême-gauche pour relayer le message du président de la République Emmanuel Macron...

Ne pas «marcher au pas» de l’Etat français

Elle en a pris le contre-pied d’entrée dans son discours, en parlant d’un chef d’Etat «aux côtés de Trump, Poutine, Erdogan, entouré de tous ceux qui sont impliqués dans les guerres sanglantes de ces dernières années»… Et Nathalie Arthaud est allée jusqu’à cibler l’Etat français comme «complice» d’atrocités et de conflits, notamment au Yémen. «Bien sûr, il faut se souvenir de la Première Guerre mondiale, de ces dix millions de mort, de ces villages rasés, de ces millions de soldats revenus complètement brisés de cet enfer…», a énuméré Nathalie Arthaud, tout en dénonçant des hiérarchies ayant profité du conflit, ayant fait trinquer les ouvriers, «les paysans envoyés à la boucherie», pour satisfaire les intérêts d’une minorité, pour satisfaire les industriels. La Mémoire, Nathalie Arthaud a affirmé y tenir mais «pas avec des commémorations qui nous font marcher au pas». Elle s'est aussi indignée du piège dans lequel le militarisme et le nationalisme ont entraîné les populations. La porte-parole de LO est alors partie de ce constat effectué devant l’assemblée à l’écoute pour dire encore et toujours que «le capitalisme se vaincra par la révolution». L’augmentation du prix du carburant trouvant aujourd'hui comme réponse l’annonce d’une grosse mobilisation le 17 novembre est «juste la goutte d’eau qui fait déborder le vase» pour Nathalie Arthaud, après «l’augmentation des loyers, des mutuelles, des assurances, le chômage, des salaires et des pensions de retraite trop bas»… Selon elle, «les salariés sont dos au mur et le gouvernement le sait très bien».

«Ne pas mettre un coup d’épée dans l’eau» en se limitant au 17 novembre… «Les travailleurs voulant exprimer leur colère ont tout à fait raison de le faire», a-t-elle déclaré. Mais «pour se faire entendre», les travailleurs ne doivent pas «mettre un coup d’épée dans l’eau». La bataille pour l’augmentation des salaires, notamment du SMIC, des pensions de retraite, «et leur indexation sur les prix», devrait être au premier plan, dans une société où «le capitalisme est l’exploitation». Pour Nathalie Arthaud, attention à l’instrumentalisation et aux fausses luttes. Pour vraiment peser, «changer les choses», les revendications doivent être «ouvrières et anti-patronales». Elles doivent s’attaquer «aux profits»...

«Tout l’intérêt est de se battre pour nos intérêts de classe, contre le gouvernement mais aussi contre le patronat», a-t-elle insisté. Contre la politique d’Emmanuel Macron, contre le système capitaliste, la porte-parole de Lutte Ouvrière a prolongé ses propos en fustigeant la bourgeoisie installée depuis plus de deux siècles… Une bourgeoisie «contre le progrès», avec un capitalisme «en bout de course, des marchés saturés qui conduisent à accroître la pression sur les salariés». Une bourgeoisie qui s’est construite «dans le sang et la boue». L’union des travailleurs «face à l’ordre social pourrissant» Pour Nathalie Arthaud, le système dessert le progrès en créant sans cesse de nouveaux besoins qui ne sont pas les bons, «car ils ne sont pas décidés collectivement et laissés entre les mains de la classe capitaliste». Et la figure de Lutte Ouvrière ne manque pas d’ajouter à la gravité de la situation une montée des idées réactionnaires inquiétante. L’occasion d’appeler à l’union des travailleurs «de tous les pays». «La seule perspective face à l’ordre social pourrissant», face à un capitalisme néfaste. «On aura à se battre jusqu’à exproprier la bourgeoisie et lui arracher le pouvoir», a encouragé Nathalie Arthaud, ayant répété que la chute du capitalisme passe par la révolution sociale. «Ce sont les travailleurs qui peuvent mener le combat et représenter l’avenir», a-t-elle poursuivi pour conclure, en appuyant sur la nécessité d’une prise de conscience de la force d’une classe ouvrière «capable de renverser le système». La fête régionale s’est poursuivie par un débat sur l’actualité, sur la même teneur que s'est déroulé le discours de la porte-parole du parti. Des festivités au cours desquelles les organisateurs ont aussi présentés des expositions sur la révolution russe de 1917, sur la vague révolutionnaire en Europe avant la montée des populismes, sur mai 68… Sans oublier la question des migrants, auxquels tient à se joindre Lutte Ouvrière, en revenant à la vision exposée par Nathalie Arthaud, à savoir qu’eux aussi sont avant tout des humains et des travailleurs subissant le système.

Les idées révolutionnaires ont été ravivées au gymnase Mendès France ce dimanche. 450 adhérents de Lutte Ouvrière ont pris part aux festivités.

Alix Berthier Photos : Alix Berthier