Nathalie Arthaud : « Le bulletin de vote ne changera pas le sort des travailleurs »

Article de presse
09/05/2019

Porte-parole de Lutte ouvrière (LO) et tête de liste aux élections européennes du 26 mai, Nathalie Arthaud était de passage à Dijon mercredi soir, où elle a tenu un meeting de campagne au palais des Congrès.

Nathalie Arthaud n’en est pas à sa première campagne électorale. Mais elle le conçoit, celle qui s’achèvera le 26 mai a quelque chose de particulier. « Elle est différente dans la mesure où il y a une contestation sociale qui marque les esprits. Y compris chez ceux qui ne sont pas mobilisés dans le cadre du mouvement des gilets jaunes », analyse la porte-parole de LO.

« On le voit lors de nos déplacements et lors de nos réunions, il y a beaucoup de colère contre cette politique dévouée aux plus riches. Mais aussi beaucoup d’interrogations. Et le constat, c’est qu’il ne suffira pas de mettre en cause Emmanuel Macron. Il faut aussi contester le pouvoir de cette classe capitaliste. Il faut prendre sur les profits, pour augmenter les salaires. »

Une Côte-d’Orienne en bonne place sur la liste LO
Face à ce constat, Nathalie Arthaud insiste : « Nous ne présentons pas un programme politique, mais un programme de lutte, pour donner des clés de résistance au peuple. Le 26 mai, les électeurs auront le choix de s’exprimer. Mais pas celui de changer leur sort. Le bulletin de vote ne changera pas le sort des travailleurs, pas plus que lors de l’élection présidentielle. Moi-même, lorsque j’étais candidate à l’Élysée, je ne prétendais pas pouvoir changer leur sort. Quand bien même, par miracle, j’aurais été élue Présidente. Aujourd’hui, les responsables politiques ne peuvent plus rien faire d’essentiel pour les classes populaires. Même le président de la République. Ce sont les grands groupes économiques et industriels qui font l’économie. Eux qui sont dirigés par une classe parasitaire et nuisible. Et dans ce contexte, nous militons pour éveiller les consciences, en expliquant qu’il faut renverser cette classe, l’exproprier. Afin que les travailleurs prennent, eux-mêmes, le contrôle de ces grands groupes. Ceux qui tiennent aujourd’hui en main les manettes, soit on les renverse et on les empêche de nuire, soit on parle pour ne rien dire ».

Un meeting au cours duquel on a aussi appris que la Dijonnaise Claire Rocher, infirmière au CHU de Dijon et porte-parole de Lutte ouvrière en Côte-d’Or, figurait en position n°5 sur la liste LO aux élections européennes.

Bertrand LHOTE