Nathalie Arthaud à Dijon :  "Politiquement les perspectives des Gilets Jaunes sont trop limitées"

Article de presse
09/05/2019

En réunion publique ce mercredi soir à Dijon, la porte-parole de Lutte Ouvrière, candidate aux élections européennes, a martelé son message en direction des travailleurs, contre le grand capital, programme ont elle estime qu’il va «bien au-delà».

Nathalie Arthaud, qui conduit avec Jean-Pierre Mercier, la liste «Contre le grand capital, le camp des travailleurs» aux Elections européennes, a tenu ce mercredi soir une réunion publique à Dijon, au Palais des Congrès, salle du Clos Vougeot. La porte-parole de Lutte Ouvrière a réuni quelque 200 personnes pour un échange horizontal dans une ambiance détendue. Le message principal ?

«Lutte ouvrière dénonce le faux débat entre les partisans et les adversaires de l’Union européenne dans lequel les grands partis de la bourgeoisie veulent enfermer les électeurs. C’est un piège pour les travailleurs» a expliqué Nathalie Arthaud à son auditoire. On y a parlé de la vie digne, en réponse à sa proposition d’un Smic européen à 1800 euros. Certains participants trouvent cette idée «trop ambitieuse» quand d’autres leur répondent qu’il n’en est rien, que «1800 euros permettent tout juste de vivre et de s’offrir quelques loisirs».

«Je ne serai jamais Gilet Jaune, je suis communiste révolutionnaire»

Le nom de Lutte Ouvrière a également fait l’objet de discussions. Un jeune participant le trouve trop vieux, trop passé. Mais Nathalie Arthaud le défend. Quels mots résument mieux l’engagement de Lutte Ouvrière que ces deux là ? Les Gilets jaunes ont aussi été au coeur de discussions, certains participants se demandant pourquoi Lutte Ouvrière ne rejoint pas le mouvement. la réponse est claire

: «Je ne serai jamais Gilet Jaune, je suis communiste révolutionnaire» répond Nathalie Arthaud. «Je veux renverser la bourgeoisie, et ça va bien au delà des revendications des Gilets Jaunes. Les Gilets jaunes sont en train de se faire avoir par des mesurettes, par une baisse d’impôts. Nous, on est allé discuter avec des Gilets Jaunes. On leur a dit que si c’est pour dire «Macron démission», ça ne sert à rien. Ça ne suffit pas…

Qui met-on derrière ? Les travailleurs au pouvoir ? Politiquement, les perspectives que portait ce mouvement sont trop limitées. Nous, on dit que si on se limite à ça, on ne change rien. Il faut que le combat trouve de l’écho et que les travailleurs entrent dans la danse, au sein des entreprises, dans l’antre du grand capital. Oui, faire grève est un engagement plus important que manifester le samedi, qui demande plus de combativité… Mais c’est indispensable».

De même, Nathalie Arthaud a expliqué pourquoi il n’y aurait pas de liste commune avec le NPA : «Le NPA ne fait que suivre les Gilets Jaunes, donc on ne peut faire une liste commune. Pour nous, comme à chaque campagne, parler des travailleurs, c’est élever la conscience de classe dans la société.

Le NPA voulait faire campagne sur la sortie des traités, mais nous, on n’est pas dans le repli national. On pense que notre campagne sera réussie si ces idées cheminent dans plus de consciences ouvrières».

Nicolas Richoffer