Dijon

Une semaine à l’usine TPC de Saint-Apollinaire

Brève
24/03/2020

Il y a d’abord eu le télétravail

Comme quoi, toutes les théories sur la sécurité, la peur des hackers, la protection des données sont autant de discours qui ne tiennent à rien.

Pour s’en convaincre il n’y avait qu’à voir le nombre de collègues qui sont partis avec leur PC sous le bras et qui plus est, avec toutes les infos « secrètes » qu’ils contiennent.

 

Les lampistes de la production.

Le but du télétravail est d’éviter les déplacements et par là, le développement du corona. Sous-entendu, il est plus dangereux pour soi et les autres de venir au travail que de rester chez soi.

Merci pour ceux qui restent, les lampistes de la production.

Mais, virus ou non, c’est quand même à l’usine qu’on a le plus de chance d’y rester soit en ayant un accident soit en respirant des produits nocifs.

Et il n’y a en général pas grand monde pour s’en offusquer.

 

Pour la direction, pas question de fermer l’usine

Dès mardi, malgré toutes les absences de personnel, les fournisseurs en chômage, les personnels étrangers à TPC, interdits d’entrée, pour la direction, il n’était pas question de fermer l’usine.

Entre le discours de la direction servi aux délégués et ceux du gouvernement, pas de différence.

Le virus est dangereux mais si vous savez vous laver les mains pas de problème.Trop facile !

 

Direction et gouvernement ont les mêmes buts.

Mercredi, nous comprenons que nous serons sacrifiés. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas facile à accepter. C’est à la haute fiab que les collègues réagissent le plus, jusqu’à faire descendre le DG.

Il s’accroche à ses certitudes malgré tous nos arguments qui valent bien les siens.

A ce jour, seul le confinement total à la chinoise a fait ses preuves ; tout le reste va contre la volonté de vaincre le virus rapidement, en jouant avec nos vies pour ne pas mettre en péril la bourse.

C’est pour défendre ces mêmes intérêts que les hôpitaux ont été vidés de leurs moyens

 

Jeudi, la cour est pleine.

Cette fois bien décidés à dire ce que nous avions sur le cœur, il ne nous aura fallu qu’une dizaine de minutes pour nous nous retrouvions, l’ensemble du personnel, dans la cour pour interpeller qui le DG, qui la RH, qui l’infirmière.

C’était chaud, une vraie colère.

Le DG n’entend rien, mais profite de ce que nous soyons tous là pour nous expliquer les gestes barrière, qu’il faut se laver les mains, garder nos distances etc… tout ce que nous savons déjà. Limite insultant !

 

Sans illusion.

Une chose est certaine après cette altercation avec la direction : quand il s’agit de nos intérêts propres, il ne faut pas s’attendre à ce que la direction soit d’accord avec nous.

La meilleure solution est de prendre nos responsabilités et de faire ce qui nous semble bon pour nous.

Cela a un prix mais il faudra en passer par là si on ne veut pas être les éternels sacrifiés

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