L'Hebdo du vendredi - Epernay :  Lutte ouvrière défend "Un vote de colère"

Article de presse
26/02/2020

Laurence D'Albaret portera pour la première fois une candidature Lutte ouvrière aux municipales à Épernay. (© l'Hebdo du Vendredi)

Tête de liste pour le parti d'extrême gauche, Laurence D'Albaret a conscience qu'il sera difficile d'entrer au conseil municipal d'Épernay. Cette professeure entend néanmoins porter la voix des travailleurs, tout en encourageant la lutte des classes.

Une quatrième liste surprise a fait son irruption dans la campagne pour les élections municipales à Épernay avec celle déposée, la semaine dernière, par Laurence D’Albaret, représentante de Lutte ouvrière. C’est en effet la première fois que le parti d’extrême gauche présentera une candidate pour ce scrutin dans la capitale du champagne. « C’est une démarche collective qui a germé dans la tête des camarades de Lutte ouvrière et a été facilitée et encouragée par les derniers mouvements sociaux, notamment contre la réforme des retraites. Personne n’est satisfait de cette réforme qui tire tout le monde vers le bas », explique Laurence D’Albaret qui estime que beaucoup pourraient se retrouver dans sa candidature. « La société est divisée en deux classes sociales, ceux qui possèdent et ceux qui ont besoin d’un revenu du travail pour vivre, étudiants, salariés, employés, chômeurs, retraités… On veut donner l’occasion à ces gens-là de faire un vote de colère contre tous les reculs sociaux organisés par le gouvernement, dictés par le Medef et au bénéfice des actionnaires du CAC 40. »
Un discours bien rodé depuis des décennies au sein du parti d’extrême gauche. Lutte ouvrière, qui revendique 8 000 adhérents, est en fait le nom usuel de l’Union communiste (trotskyste), un courant politique qui prône les analyses et les idées de Karl Marx et Friedrich Engels, rédacteurs, en 1848, du « Manifeste du parti communiste ». Pour la candidate sparnacienne, les idées défendues par les deux théoriciens allemands ont une résonance toujours aussi forte, aujourd'hui. « Nous sommes toujours dans une économie capitaliste et les capitalistes gagnent de plus en plus d’argent alors que la classe ouvrière subit toujours plus de reculs. La lutte des classes est plus que jamais d’actualité », clame Laurence D’Albaret.
Professeur de lettres et d’anglais pour la section professionnelle du lycée Stéphane-Hessel à Épernay, cette femme de 55 ans dit avoir « toujours été dans les manifs », de 1986, lors de la mobilisation étudiante contre le projet de loi Devaquet, à 1995, contre le « plan Juppé ». C’est à ce moment-là qu’elle a rejoint Lutte ouvrière, inspirée par la personnalité d’Arlette Laguiller, présente à six reprises à l’élection présidentielle. Aujourd'hui en première ligne à Épernay, la candidate ne cache pas que « la probabilité d’avoir des élus au conseil municipal sera très faible. » Il faudrait en effet que sa liste obtienne au moins 10 % des suffrages au premier tour pour pouvoir se maintenir au second. Mais l’objectif poursuivi par le parti trotskyste est plus vaste. « Les travailleurs ne sont pas encore conscients que le rapport de force pourrait s’inverser en leur faveur, estime Laurence D’Albaret. Ce qui peut changer les choses, c’est que la classe ouvrière se serre les coudes et entre en lutte de façon massive pour inverser le rapport de force. » Karl Marx n’aurait pas dit autrement.

Simon Ksiazenicki / L'Hebdo du vendredi

Réunion publique de la liste Lutte ouvrière : vendredi 6 mars, à 19 h, salle Beethoven, 1, avenue Beethoven, Épernay.

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