Fonderie Eurocast- GMD (Delle)

Une bonne grève efficace pour se faire respecter

Brève
16/09/2022

Réunis dès 4h30, lundi à la prise de poste, tous les ouvriers de l’équipe du matin, décident de se mettre en grève, rejoints par ceux de journée, d’après-midi puis de nuit, à la quasi-unanimité. 90% du personnel y compris les techniciens et employés des bureaux en ont plus que ras-le-bol ; ils exigent le départ de leur directeur.

L’idée de la grève était dans tous les esprits depuis quelque temps, renforcée à la reprise des congés avec encore la démission d’une dizaine de professionnels, poussés à bout par ce directeur.

Dès son arrivée , il y a quatre ans, il n’a eu de cesse de vouloir régner par la peur, à coups de brimades, sanctions, licenciements pour fautes inventées, de malades , affichant un mépris insultant, Bien accompagné par une jeune DRH zélée , qui elle aussi vient de démissionner !

Sa ligne, en réalité celle des dirigeants de GMD, sous-traitant de l’automobile : faire fondre les effectifs – ils sont passés de 139 à 106 – et presser le citron au maximum.

La production, prévue en flux tendu commandée par les constructeurs automobiles principalement PSA Stellantis, est cette fois complètement à l’arrêt.Les grévistes ont décidé de leurs horaires pour se retrouver tous ensemble de 7h00 à 15h00. Dès le premier jour, bien sûr, des cadres dirigeants du groupe ont vite rappliqué pour tenter d'éteindre l'incendie. En proposant d’envoyer le directeur… en formation au management ! Et pas à un mensonge près, ils ont dit ausssi ne pas être au courant de ses agissements , alors que tous « les indicateurs de l’usine sont au vert » dont le principal : l’usine fait des bénéfices.

A partir de là, les travailleurs ne veulent plus discuter d’autre chose que du départ du directeur ; ils sont en grève « illimitée » ; ils ne veulent plus se laisser endormir comme après la grève précédente pour les salaires, où ils demandaient déjà son départ , avec comme résultat une enquête RPS (sur les risques psycho-sociaux) diligentée par l’Inspection du Travail qui n’avait fait que « calmer » son jeu un ou deux mois.

Après trois jours de réflexions, de manœuvres, l’impossibilté de remettre en marche four et machine de fonderie et d’entamer la détermination des grévistes, cet "énergumène" est venu lui-même annoncer sa démission posée et acceptée par sa hiérarchie, avec tout de même un préavis de trois mois.

Les travailleurs obtiennent ce qu’ils veulent, mais, méfiants, ils ont décidé de ne pas reprendre le travail pour autant et d’utiliser ce vendredi prévu jour de RTT, pour demander que durant le temps de son préavis, ce futur ex-directeur honni n’aie aucun pouvoir disciplinaire quelconque sur les travailleurs de l'usine, et puis aussi le paiement des 4 jours de grève. La lutte collective n’est pas finie.

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