Bosch Freyming-Merlebach

En grève contre l’esclavage moderne

Brève
17/05/2017

A Freyming-Merlebach où le call-center de Bosch emploie près d’une centaine de travailleurs en CDI et plusieurs dizaines d’autres en intérim et CDD, les salariés sont en grève depuis lundi 15 mai pour dénoncer les conditions de travail et de salaire révoltantes.

Les plannings sont, au mieux, communiqués quelques jours avant, voire le lundi pour la semaine à venir, au mépris de toute vie familiale et personnelle. Aux 35 appels par heure, aux journées à rallonge avec des pauses inexistantes (15 minutes de « pause » par jour maximum, dont 5 minutes sont décomptées pour aller aux toilettes, sous surveillance d’un logiciel de chronométrage), s’ajoutent de multiples projets à gérer, aussi bien dans les appels d’urgence pour OTIS (ascenseurs), la vente de vêtements par correspondance que la gestion de services liés à l’Opéra de Paris. C’est donc la course quotidienne avec des cadences infernales pour jongler entre les appels, la saisie et le suivi des dossiers… voire le pliage de vêtements de prêt-à-porter ! Quant aux salaires, ils sont à l’avenant : le SMIC, même après 5 ou 10 ans d’ancienneté, aucune augmentation et des primes à « la qualité »… de 3 euros par mois ! Des méthodes dignes du 19e siècle que le patron complète en opérant des retenues sur salaire en cas d’erreur de saisie.

Contre ces pratiques dignes des Temps Modernes que l’une des banderoles résume par le slogan « Bosch Service Esclavage », certains salariés se sont mis en grève soutenus par les syndicats CFDT et CFTC. D’une quinzaine en grève lundi matin, ils sont passés à une trentaine mardi, et plus d’une quarantaine mercredi. Les salariés refusent de se satisfaire des vagues promesses de la direction sur les moyens supplémentaires qu’ils exigent. Quant aux salaires, elle ne veut pas entendre parler d’un 13e mois ainsi que des primes et d’une revalorisation à l’ancienneté. Du coup, la grève s’étend et rencontre le soutien des collègues en intérim, ainsi que des managers qui affichent sur les plateaux des pancartes appuyant le mouvement.

Bosch, qui a enregistré un chiffre d’affaires record en 2016 et 4,3 milliards de bénéfices, annonce encore une augmentation pour le premier trimestre 2017 : c’est dire qu’il a largement les moyens de payer. Les salariés sont donc bien décidés à ne pas se laisser faire et poursuivre leur mobilisation, parce que « Bosch c’est moche » comme en témoigne l’une de leurs banderoles.