Groupe hospitalier de Mulhouse

Une pénurie catastrophique

Brève
27/10/2019

Système hospitalier en état critique

Comme dans de nombreux hôpitaux, le personnel des Urgences de Mulhouse est en grève depuis des mois pour obtenir des agents supplémentaires. Et, depuis cet été, le service est confronté à une hémorragie massive de médecins urgentistes.

Ces derniers, habituellement 34, étaient 24 au mois de juin, et puis durant l’été plus des deux tiers ont démissionné, épuisés par les conditions de travail. Depuis, seuls sept titulaires sont en poste.

La situation est telle que la direction n’exclut pas de fermer temporairement les Urgences, ce qui serait une catastrophe sanitaire pour la population, 270 000 habitants pour l’agglomération de Mulhouse, 450 000 pour tout le sud du département, qui dépend aussi de cet hôpital. Avec en moyenne 55 000 passages aux Urgences par an, c’est le plus important centre hospitalier non universitaire de France.

Pour couronner le tout, les 17 internes du service se sont mis en arrêt maladie début octobre pour burn-out. Normalement, les décisions graves devraient être prises par un médecin expérimenté. Ce n’est plus possible parce qu’il n’y en a plus assez, et les internes, qui sont des jeunes encore en formation en médecine, se retrouvent dans des situations impossibles, d’où leur arrêt maladie collectif. Du coup, leur syndicat demande qu’aucun interne ne soit affecté aux Urgences de Mulhouse au prochain semestre. Mais, sans eux, le service est mort.

Partout dans l’hôpital, de manière à peine moins aiguë qu’aux Urgences, c’est le même cercle vicieux : la pénurie de soignants et de médecins les pousse tous aux limites de leurs forces ; les démissions s’enchaînent en cascade. Au point que, dans les discussions, certains commencent à dire que cet effondrement est fabriqué. C’est en fait l’ensemble du système hospitalier du pays qui est menacé d’effondrement.

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