DNA :  Lutte ouvrière « Se souvenir de la Révolution russe ! »

Article de presse
22/10/2017

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière : « La révolution, c'est le moment où la société peut changer. »

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière : « La révolution, c'est le moment où la société peut changer. »

Porte-parole de Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud - qui participait hier soir à un dîner rassemblant une centaine de militants à Strasbourg - a appelé à « la mobilisation des travailleurs ». Elle ne croit pas en Mélenchon...

"Le communisme est toujours l'avenir du monde ", affirme une banderole déployée au-dessus de la scène de la salle de Neudorf à Strasbourg. Ce n'est pas Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière, invitée par ses camarades bas-rhinois, qui dira le contraire. Alors qu'il n'y a aucune élection en vue, elle appelle à « la mobilisation des travailleurs ».

Pour l'ex-candidate à l'élection présidentielle, « le combat continue ». « Les élections n'étaient qu'une parenthèse.

Tout est reparti. Macron reprend les attaques là où Hollande les avait laissées. Nous sommes dans une continuité totale, avec les mêmes insultes. On parlait de racaille sous Sarkozy, de manifestations de voyous sous Hollande et maintenant Macron accuse les travailleurs qui se battent pour leur emploi de foutre le bordel », s'insurge-t-elle, en dénonçant « cette vision de la bourgeoisie » que porte Emmanuel Macron.

Elle-même n'avait pas appelé à voter pour lui au second tour. Parce que malgré la présence de la candidate FN, « il ne fallait pas lui donner un chèque en blanc... »

Pour autant, elle ne fait pas confiance à Jean-Luc Mélenchon. « Ceux qui pensent qu'il aurait accompagné le monde du travail, se trompent », assure Nathalie Arthaud qui soupçonne le leader des Insoumis, s'il arrivait au pouvoir, de « respecter lui aussi l'ordre capitaliste ». Comme le fait Tsipras en Grèce « imposant plans de rigueur sur plans de rigueur » à ses compatriotes.

« ll faut une réaction politique », appuie-t-elle. Faisant référence au centenaire de la Révolution russe de 1917, la porte-parole de LO veut croire que « la révolution, c'est le moment où la société peut changer, où des millions de femmes et d'hommes peuvent prendre leur sort en main et agir ensemble ».

Sauf qu'après l'instauration du communisme, il y a eu Staline. « Trotski dont nous nous réclamons a été le premier à le combattre », réplique-t-elle.

« Droit de cuissage »

À entendre Nathalie Arthaud, « les salariés doivent se mobiliser, se mettre en grève, occuper les usines », comme ils l'ont fait en 1936 et en mai 1968...

L'interroge-t-on sur le harcèlement dont sont victimes les femmes, elle évoque « les rapports de force instaurés par ceux qui ont le pouvoir, à Hollywood, mais aussi dans les entreprises ».

« Muriel Pénicaud veut nous faire croire dans le dialogue social, alors que le patronat a le pouvoir de nous foutre dehors, a le droit de cuissage. On me dit c'est d'un autre âge », lâche Nathalie Arthaud. Mais elle n'y croit pas, s'étonnant que « le gouvernement veuille poursuivre le harcèlement dans la rue, alors que l'essentiel se passe sur le lieu du travail ».

Hier soir, ils étaient une centaine de militants venus l'applaudir, en espérant dans le grand soir...

Yolande Baldeweck

© Dna, Dimanche le 22 Octobre 2017 / Région Droits de reproduction et de diffusion réservés