Novares. Libercourt (59) :  Le virus et les patrons : deux ennemis à combattre

Echo d'entreprise
20/03/2020

Novares, sous-traitant de Toyota fabrique en flux-tendu des pièces plastiques. Pour le lancement d'un nouveau modèle de véhicule, le travail est de plus en plus dur depuis des semaines.

Le mardi 17 mars, la direction a annoncé 45 jours de chômage partiel car beaucoup d'usines de l'automobile sont à l'arrêt. Mais le 18 mars, le patron a changé d'avis, l'usine restera ouverte. Il cherche à faire le maximum de stocks le temps où les usines d'assemblage automobile ne tournent pas. Comme ça, quand ça redémarrera, ils auront des stocks et pourront faire bosser les travailleurs sur le nouveau projet.

Dans les ateliers, tout le monde se marche sur les pieds faute de place, impossible de garder 1 mètre de distance. Les quelques flacons de gel distribués ont très vite été épuisés et en plus, ils étaient périmés depuis 2011. Les masques distribués, eux aussi très vite épuisés, étaient des masques anti-poussière inefficaces contre le virus. La direction a fait la morale en disant qu'il fallait nettoyer ses outils mais elle ne veut pas arrêter les machines à la prise de poste pour permettre que les outils et les commandes soient désinfectés. Une des société de nettoyage n'a pas été payée, les poubelles ne sont plus vidées, les WC et le réfectoire ne sont plus nettoyés.

Pour leurs profits, en dépit de toutes les préconisations sanitaires, les patrons, veulent continuer à produire et faire des stocks. C’est une attitude irresponsable, voire criminelle. Ce sera aux travailleurs d'assurer leur propre sécurité et aussi de prendre en main la direction des usines pour éviter la catastrophe.