Le Parisien :  Municipales : Nathalie Arthaud, candidate Lutte ouvrière à Pantin, veut «associer les travailleurs aux décisions»

Article de presse
26/01/2020

Ex-candidate à la présidentielle et aux dernières législatives, la porte-parole nationale du parti d’extrême-gauche LO veut faire du scrutin local une tribune contre la politique gouvernementale.

Nathalie Arthaud, porte-parole nationale de Lutte-Ouvrière, est candidate à la mairie de Pantin, où elle habite.  LP/Olivier Lejeune

Par Thomas Poupeau

Le 26 janvier 2020 à 14h48

L'infatigable défenseuse « des travailleuses et des travailleurs » est de retour. Nathalie Arthaud, porte-parole du parti d'extrême-gauche Lutte ouvrière (LO), ex-candidate aux présidentielles de 2012 et 2017, se présente aux élections municipales à Pantin, la commune où elle réside.

« J'habite Pantin, je suis enseignante juste à côté, dans un lycée d'Aubervilliers (Le Corbusier, NDLR) : ma candidature est naturelle et légitime », estime celle qui fut aussi candidate aux dernières législatives sur la circonscription Aubervilliers-Pantin. Elle avait obtenu 2,95 % des voix, arrivant en huitième position au premier tour. C'est Bastien Lachaud (FI) qui avait finalement été élu.

Aux urnes, travailleurs

D'ici quelques jours, Lutte ouvrière devrait présenter des listes dans une vingtaine de communes de Seine-Saint-Denis, sur quarante. Avec la ferme intention de faire valoir, sur ce scrutin local, des revendications nationales. Alors, au moment d'expliquer sa candidature, Nathalie Arthaud fait… du Nathalie Arthaud.

« En cette période de colère sociale, nous appelons les travailleuses et les travailleurs à s'exprimer politiquement aux élections municipales, martèle-t-elle. Face au grand patronat, à la société bourgeoise, on ne sauvera pas les intérêts des travailleurs —retraites, salaires— si on ne se bat pas, dès mars prochain! »

«Bras de fer permanent» avec l'Etat

« Localement, les problèmes du quotidien, qu'il s'agisse par exemple des écoles en manque de personnel, de l'accès à la santé, de l'habitat indigne, de la misère en général, dépendent surtout de la politique menée par le gouvernement, avance encore la candidate. Or, moi, si je suis élue maire, je me refuse à rester dans un cadre soi-disant légal qui empêcherait de faire bouger les lignes depuis la mairie. Pour améliorer les choses, il faut des mairies de combat! »

Concrètement, la première proposition de Nathalie Arthaud pour Pantin sera « d'associer directement les travailleurs de la ville, qu'ils soient, insiste-t-elle, avec ou sans papiers, à toutes les prises de décisions ». Et ce, pour « adapter leurs intérêts à la politique menée par la ville », ajoute-t-elle, prête à supporter un « bras de fer permanent » avec l'Etat.

Le plan d'urgence, «un effet d'annonce»

Un Etat qu'elle tacle d'ailleurs allègrement dans sa relation avec la Seine-Saint-Denis, notamment dans la foulée de son plan d'urgence présenté fin 2019 et qui vise à rattraper le retard accumulé dans certains domaines, comme l'éducation, la police et la justice. 23 mesures, dont une prime de 10 000 euros pour fidéliser les enseignants, des policiers et des magistrats supplémentaires.

« Un effet d'annonce ! La prime, je ne connais pas un seul prof qui en a encore vu la couleur. La réalité c'est que dans le lycée où je travaille, nous accusons trois postes d'agents vacants. »