La Réunion

Mayotte : les populations comoriennes et mahoraises piégées par l’impérialisme français

Brève
28/03/2018

Le gouvernement mise sur l’enlisement d’une crise qui entre dans sa sixième semaine. La réponse qu’il y apporte reste sur le seul terrain sécuritaire avec le contrôle de personnes en situation irrégulière et les reconduites vers les Comores. Ces gesticulations, fortement médiatisées, ont incité le gouvernement des Comores à réitérer l’affirmation que « les Comoriens sont chez eux à Mayotte » et à refuser l’entrée des « reconduits » sur leur territoire. Toutefois il a subordonné leur entrée à la signature d’un papier disant qu’ils reviennent volontairement de Mayotte et non en tant qu’expulsés. Ainsi les notables comoriens jouent-ils une sinistre comédie qui ne peut réellement dissimuler qu’ils mettent la population fuyant la misère de leurs îles sur le billot de sombres marchandages avec l’État français. Mais ce dernier, piloté par Macron, avec une puissance mille fois supérieure, exploite indifféremment les populations mahoraise et comorienne en essayant de les dresser les unes contre les autres pour préserver les intérêts de la bourgeoisie française dans cette zone.

Cette ignoble politique laisse la porte ouverte à quelques bandes de mahorais excédés se groupant pour opérer des « décasages » dans les villages, expulsant des familles de leur habitat précaire avant de les incendier.

Cette politique vise à créer un climat de haine entre communautés pour détourner l’attention des propres responsabilités et incurie de l’État. C’est dans ce chemin tracé par tous les valets de la bourgeoisie qui l’ont précédé que Macron s’installe sans coup férir. Il lui faut tout de même quelques notables pour tenter de ramener le calme. Il s’est rallié la députée réélue le 25 mars lors d’une partielle où elle se présentait sans étiquette, il semble que le préfet Veau, réputé pour son inactivité, va devoir aller paître dans d’autres pâturages et qu’un nouvel émissaire serait envoyé de Paris à la rencontre des élus.

 

La population et les travailleurs de Mayotte ne doivent pas se laisser berner. La mise en œuvre d’une réelle politique face au manque considérable d’investissements dans les services et infrastructures vitaux pour la population ne pourra être imposée que dans une lutte déterminée unissant tous les exploités contre la bourgeoisie prédatrice.